WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / Russie / Banque centrale russe / guerre / Inflation

Macro-économie / Taux
Russie / Banque centrale russe / guerre / Inflation

ukraine La Banque centrale russe diminue encore la pression

UKRAINE. Tandis que le rouble se situe au plus haut depuis sept mois face au dollar, les perspectives sur le front des prix à la consommation se voudraient de moins en moins inquiétantes, selon l’institution de Moscou, qui a de nouveau diminué son taux directeur de 300 points de base.
Elvira Nabiullina, gouverneure de la Banque de Russie -  Artem Kudryavcev / Russian Central Bank / Sputnik via AFP
Elvira Nabiullina, gouverneure de la Banque de Russie - Artem Kudryavcev / Russian Central Bank / Sputnik via AFP

La Banque de Russie assouplit encore sa politique monétaire. L’institution de Moscou a annoncé une baisse de 300 points de base de son taux directeur, qu’elle avait déjà abaissé d’une ampleur identique le 8 avril, après l’avoir placé à 20 % quatre jours après le début du conflit opposant la Russie à l’Ukraine – son taux directeur se situe ainsi aujourd’hui à 14 % contre 9,5 % avant la guerre. "L'environnement extérieur de l'économie russe reste difficile et freine considérablement l'activité économique"; a reconnu la Banque centrale, ajoutant toutefois que "les risques pour la stabilité des prix et la stabilité financière n'étant plus en hausse, les conditions économiques en vigueur ont permis la réduction du taux directeur".

La Banque centrale s'appuie sur des données récentes indiquant un ralentissement de la croissance des prix à la consommation. "Au cours des deux dernières semaines de mars, la pression inflationniste s'est stabilisée après sa poussée du début du mois. Cependant, elle reste encore élevée", a déclaré Elvira Nabiullina, gouverneure de la Banque de Russie. Deux principales raisons expliquent cette dynamique.

D’une part, le rouble s’est considérablement renforcé ces derniers temps. En effet, grâce aux contrôles de capitaux draconiens mis en place par la Banque centrale ainsi qu’au fort relèvement du taux d’intérêt directeur, il a retrouvé sa valeur d’avant-guerre face au dollar après que son cours s’est effondré de moitié.

D’autre part, la pression sur l’offre de biens de consommation russes a diminué depuis le début de la guerre. "Après son envolée de fin février-début mars, les gens préfèrent désormais épargner plutôt que consommer. Cela ressort à la fois de l'expansion des dépôts en roubles et de la contraction des prêts à la consommation", a illustré Elvira Nabiullina. En outre, le risque de spirale inflationniste est moindre qu’auparavant à cause d'anticipations d’inflation des ménages et des entreprises toutes deux sur le déclin ces dernières semaines (elles sont revenues aux niveaux de la mi-2021 pour les ménages).

Alors que la Russie est frappée par de nombreuses sanctions afférentes aux biens qu’elle est en mesure d'importer, "l'évolution future de l'inflation sera déterminée par des facteurs importants tels que l'efficacité des processus de substitution des importations ainsi que l'ampleur et la rapidité de la reprise des importations de produits finis, de matières premières et de composants", a avancé la Banque centrale. Si bien que "pendant cette période, la politique monétaire doit tenir compte des processus d'adaptation et de transformation structurelle de l'économie. Ils impliquent inévitablement un niveau d'inflation temporairement plus élevé. C'est pourquoi nous n'avons pas l'intention de ramener rapidement l'inflation vers l'objectif", a prévenu Elvira Nabiullina.

Pour rappel, l’objectif de la Banque de Russie est une inflation de 4 % l’an. Et ce niveau ne sera atteint qu’en 2024, d’après ses prévisions. Cette année, la hausse annuelle des prix à la consommation pourrait s’établir entre 18,2 et 20,9 % puis entre 6,8 % et 10,4 % pour 2023, selon la Banque centrale. Ce sont des prévisions plus optimistes que celles du Fonds monétaire international (FMI) qui table sur une inflation de 21,3 % en 2022 et de 14,3 % en 2023.

Dans son scénario central, la Banque centrale russe prévoit de nouvelles baisses de son taux directeur en 2022. "Actuellement, la fourchette de prévision du taux directeur moyen est de 12,5-14,7 % pour cette année, de 9-11 % - pour l'année prochaine, et de 6-8 % - pour 2024", a indiqué la grande argentière.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article