Macro-économie / Taux / Banque centrale russe / Russie / Conflit Russo-ukrainien
Macro-économie / Taux
Banque centrale russe / Russie / Conflit Russo-ukrainien
La Banque de Russie persiste et signe
Il est désormais relativement proche de son niveau précédant le déclenchement du conflit russo-ukrainien. Au terme d’une réunion de politique monétaire non prévue, la Banque de Russie a de nouveau abaissé son taux directeur de 300 points de base, il se situe aujourd’hui à 11%. L’institution de Moscou l’avait placé à 20% (soit un bond de 1050 points de base) dans les jours suivant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Plusieurs éléments président au choix de la Banque centrale russe.
D’une part, la hausse des prix à la consommation ralentit, au mois le mois, plus rapidement que ne l’anticipait la Banque de Russie (elle atteignait près de 18% l’an en avril) après une forte augmentation au début de la guerre. Cette dynamique trouve, notamment, son origine dans l’important raffermissement de la monnaie russe face au billet vert : un dollar permettait de se procurer plus de 140 roubles début mars, contre désormais "seulement" 66 roubles (80 roubles avant la guerre), soit un niveau inédit depuis 2018. Une performance rendue possible grâce à un pilotage très agressif des taux d’intérêt et surtout à des contrôles de capitaux particulièrement contraignants. Le caractère draconien de ces derniers est d’ailleurs peu à peu en train d’être modifié.
"Les risques pour la stabilité financière ont quelque peu diminué, ce qui a permis d'assouplir certaines mesures de contrôle des capitaux", a indiqué la Banque de Russie. La semaine dernière, le ministère des Finances a annoncé la réduction prochaine de la proportion des revenus des exportateurs russes qu’il était obligatoire de convertir en roubles, de 80% à 50%.
D'autre part, au-delà de l’inflation réalisée, le reflux des anticipations d’inflation des ménages et des entreprises ont également motivé la décision de l’institut d’émission (le comportement du rouble est l’une des raisons citées par les sondés). L'estimation médiane des anticipations d'inflation des ménages s'est établie à 11,5%, un plancher depuis un an quand elles sont retournées au niveau du début de l’année pour les entreprises. La Banque de Russie prévoit que, compte tenu de la politique monétaire poursuivie, l'inflation annuelle sera comprise entre 18 et 23 % en 2022, 5 et 7 % en 2023, et reviendra à son objectif de 4 % en 2024.
Enfin, cet assouplissement massif des conditions de financement vise à soutenir une activité économique en grande difficulté. Bien que plus faible qu’en mars, la contraction économique enregistrée par l’économie russe en avril a été la deuxième plus puissante depuis le pire de la pandémie au printemps 2020, d’après S&P Global.
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