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Russie : la spirale inflationniste se dissipe
Alors que les banques centrales européenne et américaine relèvent leur taux, la Banque centrale russe vient au contraire d'abaisser son taux de 150 points de base vendredi pour le ramener de 11 % à 9,5 %. Son taux a été divisé par plus de deux depuis le 28 février, quelques jours après le début de l’offensive russe en Ukraine, quand il s'établissait à 20 %.
Retour à l’inflation cible à l’horizon 2024
L'inflation constatée est sensiblement inférieure aux prévisions d'avril de la Banque de Russie. Effectivement, au 3 juin, l’inflation annuelle est tombée à 17% contre 17,8 % le mois précédent. Cette baisse de l'inflation globale s’explique notamment par un réajustement des prix d'un certain nombre de biens et de services qui avaient connu une forte hausse en mars. Selon les prévisions de la Banque centrale, compte tenu de l'orientation actuelle de la politique monétaire, l'inflation annuelle devrait ainsi atteindre 14-17 % en 2022, diminuer à 5-7 % en 2023 et revenir à l'objectif de 4 % en 2024.
Les mesures annoncées par Elvira Nabiullina entre avril et juin, consistant à réduire le taux directeur, devraient renforcer la disponibilité des ressources de crédit dans l'économie et limiter l'ampleur du déclin économique. Dans le même temps, l'orientation de la politique monétaire conservera son impact désinflationniste nécessaire pour ramener l'inflation à sa cible en 2024. "La Banque de Russie examinera la nécessité d'un abaissement du taux directeur lors de ses prochaines réunions", précise l’institution d'émission. L'autorité monétaire prévoit que le taux directeur sera en moyenne de 10-11 % en 2022, de 7-9 % en 2023 et de 6-7 % en 2024.
Une baisse de l’activité économique attendue
La combinaison des risques induite par l'environnement extérieur pourrait produire des effets à la fois inflationnistes et désinflationnistes. D’une part, une nouvelle aggravation des restrictions commerciales et financières occidentales pourrait avoir un effet inflationniste, entraînant ainsi un déclin plus marqué du potentiel de l'économie russe que prévu dans le scénario de base. Les contraintes du côté de l'offre pourraient notamment se renforcer en raison de la lenteur de la reconstitution des stocks de produits finis, de matières premières et de composants en cas d'évolution négative persistante des importations. D’autre part, la persistance d'un excédent commercial élevé dans un contexte de croissance plus durable des exportations par rapport aux importations devrait être en mesure de produire des effets désinflationnistes, estime la Banque centrale.
Dans l'ensemble, la baisse réelle de l'activité économique au deuxième trimestre 2022 est moins prononcée que ce que la Banque de Russie avait prévu dans son scénario de base d'avril. La Banque centrale estime ainsi que la baisse du PIB en 2022 pourrait être inférieure aux prévisions d'avril. "Nous pensons qu'une amélioration des perspectives de développement économique contribuera à une augmentation de l'activité de consommation", conclut l’institution dans un communiqué.
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