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Washington et Pekin continuent à s'affronter en coulisses
Ce n’est pas une surprise de voir la Securities and Exchange Commission des États-Unis placer 80 nouvelles entreprises chinoises au rang d’entreprises pouvant être chassées de la cotation. Les autorités américaines ne font qu’utiliser une loi de 2020 - Holding Foreign Companies Accountable Act - qui permet de lister les " sociétés de juridiction étrangère qui ne respectent pas les normes d'audit américaines pendant trois années consécutives", il est dès lors possible de les retirer des bourses américaines.
Un choix d’autant plus difficile qu’il concerne près de 200 entités chinoises cotées de l’autre côté du Pacifique. Les régulateurs veulent se montrer toujours aussi inflexibles dans leur volonté d’avoir un accès intégral aux audits de ces sociétés. Gary Gensler - président de la Securities and Exchange Commission des États-Unis - a rappelé également que le Congrès avait fixé à 2024 la date limite pour expulser les entités du New York Stock Exchange et du Nasdaq Stock Market qui ne se conformeraient pas à la législation. Il a notamment rappelé que "si nous en sommes au même point dans deux ans", les entreprises présentes sur la liste "seraient suspendues".
Le gouvernement chinois avait pu laisser entendre qu’une partie du désaccord - qui s’était envenimé à la fin du mandat de Donald Trump - pourrait être résolue. Bloomberg rapporte que le régulateur chinois des valeurs mobilières continuait à croire dans ces négociations. Néanmoins en réaction à la publication de la nouvelle liste, les cours de Bourse des sociétés de Hong Kong et de la Chine avaient souffert sur les places américaines.
Gary Gensler rappelle que "cela fait 20 ans, donc c'est une question difficile ", la temporalité n’est donc pas si urgente que certains le suggèrent. Néanmoins si les entreprises chinoises veulent se mettre en conformité avant les dates butoirs, le temps pourrait leur manquer.
Reuters avait ainsi révélé que Pékin avait demandé à certaines grandes entreprises cotées aux États-Unis telles que Alibaba ou Baidu de préparer davantage de déclarations d'audit. Les mêmes recommandations pourraient être formulées à China Petroleum & Chemical Corp, NetEase et les autres entreprises nouvellement inscrites sur la liste de la SEC.
Un accord sera peut-être d'autant plus difficile à trouver que Washington se montre méfiant par rapport à la position de Pékin dans le conflit entre l'Ukraine. Un responsable de l'administration Biden a récemment confié que la Maison Blanche continuait "à surveiller la RPC et tout autre pays susceptible de fournir un soutien à la Russie ou d'échapper d'une autre manière aux sanctions des États-Unis et de nos partenaires." Toute dégradation des relations diplomatiques à ce sujet pourrait avoir des conséquences dévastatrices pour les négociations.
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