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Macro-économie / Taux / Banque d'Angleterre / taux d'intérêt / Inflation

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Désaccords à la Banque d’Angleterre sur la normalisation monétaire

La dernière réunion du Comité de politique monétaire a vu un tiers des membres plaider pour une hausse deux fois plus forte du taux directeur. Ils s’inquiètent que s’ancre le récent comportement des entreprises et des ménages en matière de fixation des prix et des salaires.
Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d'Angleterre - WPA POOL / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d'Angleterre - WPA POOL / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Son taux directeur continue de faire la course en tête parmi les principales Banques centrales des pays avancés. La Banque d’Angleterre (BoE) a annoncé une hausse de 25 points de base de son taux directeur, il atteint désormais 1 %, soit une augmentation de 90 points de base depuis décembre dernier, date de la première hausse. À l’image de ses dernières réunions, le Comité de politique monétaire (MPC) n’a pas pris sa décision à l’unanimité. En effet, tandis que six membres ont voté en faveur d’une hausse d'un quart de point, Catherine Mann, Jonathan Haskel et Michael Saunders plaidaient pour une augmentation de 50 points de base.

"Ces membres ont accordé plus de poids à la vigueur persistante de la demande, ce qui entraîne des risques que les pressions sur les capacités, en particulier sur le marché du travail [à 3,8 %, le taux de chômage est à un plus bas historique depuis les années 1970, NDLR], soient plus importantes au cours de la période de prévision", rapporte le compte rendu la réunion. Tout cela dans un contexte déjà éminemment inflationniste. De fait, s’affichant aujourd’hui à 7 % l’an, la hausse annuelle des prix à la consommation devrait s’établir aux alentours de 10 % lors du dernier trimestre 2022, selon l’institution de Londres (son objectif est de 2 %). Concrètement, la BoE prévoit que le taux d'inflation au Royaume-Uni atteindra un pic plus tard dans l'année en raison du plafonnement des prix de l'énergie pour les ménages. En effet, les tarifs ont augmenté de 54 % en avril et ils progresseront encore de 40 % en octobre, selon la Banque centrale. En fait, le Royaume-Uni paie son mix électrique riche en gaz (40 %) à l’heure où les prix de ce dernier se sont envolés sous l’effet de la reprise économique mondiale et de la crise russo-ukrainienne.

D’autre part, les trois membres dissidents ont également estimé que "la politique monétaire devait s'opposer fermement aux risques d'ancrage des tendances récentes de la croissance des salaires, des stratégies de fixation des prix des entreprises et, plus largement, des anticipations d'inflation dans l'économie". Dans le détail, les salaires nominaux croissent à un rythme compris entre 4 % et 4,5 % par an et les anticipations d’inflation des ménages à un an et cinq ans continuent d’évoluer à des niveaux historiques. En face, une enquête de la BoE indique que les entreprises prévoient que leurs prix de vente augmenteront de 6,2 % entre avril 2022 et avril 2023, et plus des trois quarts des entreprises sondées dans le cadre d’une étude Deloitte affirment anticiper une inflation supérieure à 2,5 % dans deux ans. Aussi, "un resserrement plus rapide de la politique monétaire permettrait de ramener durablement l'inflation vers l'objectif à moyen terme et de réduire les risques d'un cycle de resserrement plus long et plus coûteux par la suite", ont défendu Catherine Mann, Jonathan Haskel et Michael Saunders.

Paul Dales, chef économiste chez Capital Economics, est de ceux qui estiment que la BoE sera amenée à fortement relever son taux directeur. "Nous pensons qu'en raison de l'étroitesse du marché du travail et de la rigidité des attentes en matière de prix et de salaires, les pressions sur les prix intérieurs resteront plus fortes que ne le prévoit le Comité de politique monétaire. C'est pourquoi nous pensons que, malgré une croissance du PIB plus faible, le MPC relèvera les taux de 25 points de base à chaque réunion cette année et les portera à 3 % en 2023", explique l'économiste.

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