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Assemblée générale / Carrefour / Alexandre Bompard

Ça passe ric-rac pour la rémunération d’Alexandre Bompard chez Carrefour

Alors que le groupe Carrefour tenait ce vendredi matin son assemblée générale d'actionnaires, la rémunération d'Alexandre Bompard, président-directeur général du groupe, au titre de 2021, n'a été approuvée qu'à une faible majorité. Le patron du géant de la grande distribution a pourtant présenté des perspectives ambitieuses pour l'entreprise à horizon 2026.
Alexandre Bompard, patron du groupe Carrefour (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)
Alexandre Bompard, patron du groupe Carrefour (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)

Le taux d’approbation est de plus en plus bas. Les actionnaires du groupe Carrefour ont adopté, ce vendredi matin, lors de l’assemblée générale qui se tenait aux “Docks de Paris” à Aubervilliers, à seulement 58,83% la rémunération pour l’année 2021 de leur président-directeur général, Alexandre Bompard. Celle-ci comprend une rémunération fixe annuelle de 1,5 million d’euros, un variable allant jusqu’à 190% du salaire fixe (dont 80% des objectifs sont quantifiables) et une long-terme représentant 50% de la rémunération globale. C’est la deuxième fois que la rémunération du patron du géant de la grande distribution fait polémique. Déjà l’année dernière, lors de l’assemblée générale précédente, les actionnaires n’avaient approuvé qu’à 63,25% la rémunération de PDG pour 2020 et 2021.  

 

Des héros qui se rebiffent 

 

Et comme lors de l’édition précédente, l’Association pour la représentation des actionnaires et des salariés de Carrefour (ARASC) ainsi que deux délégués syndicaux de la CGT ont dénoncé, lors de la séance de questions-réponses, les méthodes du groupe concernant la rémunération des salariés. La raison de leur courroux reste inchangée : le recours trop systématique à la location-gérance, qui externalise à un gérant le fonctionnement des hypermarchés. “15 000 salariés sont passés l’année dernière en location gérance, ce qui signifie pour eux une perte, au bout de quinze mois, des avantages et de la rémunération Carrefour. Voilà, Monsieur Bompard, comment vous remerciez les héros en première ligne de la crise sanitaire. Par ailleurs, concernant le pouvoir d’achat, tous les salariés sont, depuis le 1er mai 2022, en dessous du SMIC (1645,58 euros brut). Nous vous demandons qui peut vivre avec cette somme surtout dans le contexte actuel de forte inflation ? Nous regrettons qu’une réunion de renégociation des salaires ne soit prévue que le 6 septembre, elle aurait pu avoir lieu avant au vu de la situation économique exceptionnelle que nous vivons. Il faut que tous les salariés soient traités de la même manière “, s’est plaint Gaëtan Couturier de la CGT.  

Si Alexandre Bompard a rappelé qu’il était tout à fait impossible que des salariés soient payés en dessous du SMIC, la méthode étant contraire à la loi, il a également précisé que des négociations annuelles obligatoire avaient été conclues en février dernier. Elles avaient abouti à une augmentation de salaire minimale de 2,6% par salariés et même de “2,8% pour environ 60% des effectifs en France”, selon le dirigeant. 

 

Un modèle de croissance plus que rentable  

 

Mais signe que la confiance n’est pas totalement rompue entre l’ex-patron de Fnac-Darty et ses actionnaires, ces derniers ont approuvé à 84,94% sa rémunération pour l’année 2022. Celle-ci, reprend inchangée la politique de rémunération fixe et variable de l’année dernière, à l’exception celle long terme dont les taux d’acquisition maximum d’attribution des actions de performance ont été abaissés entre 50% et 130%. Il faut dire que l’année 2021 a été excellente pour Carrefour. “2021 est l’année de toutes les confirmations : celle de la bonne planification de notre plan stratégique lancé en 2018, celle de l’accélération sur le digital avec des ventes e-commerce qui ont triplées pour atteindre 3,3 milliards d’euros, celle de l’expansion avec un an d’avance sur notre objectif d’ouverture de 2700 magasins”, s’est félicité Alexandre Bompard. Le groupe affiche une santé financière affolante, comme l’a rappelé le président du géant de la distribution. Son résultat opérationnel courant (ROC) était en hausse de 8% l’année dernière (+20% en France), le free cash-flow (trésorerie disponible) s’élevait à 1,2 milliard d’euros, dépassant le niveau record de 2020. “Notre politique financière est attractive : nous procédons à une hausse régulière du dividende, qui sera proposé au titre de 2021 intégralement en numéraire pour la deuxième année consécutive et porté à 0,52 euros contre 0,48 euros en 2020, le cours de bourse progresse de plus de 20% depuis le début de l’année quand le CAC 40 recule de 10%”, a-t-il ajouté.  

 

Un nouveau plan stratégique à l’automne 

 

Et 2022 s’annonce prometteuse pour Carrefour. Avec des résultats au premier trimestre encore en hausse, le groupe s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Alexandre Bompard a annoncé, ce vendredi matin, qu’un nouveau plan stratégique serait présenté en novembre prochain. Si les contours de celui-ci, basé sur une accélération de la transformation digitale sur tous les secteurs, ont déjà été en partie présentés lors du digital day de l’enseigne le 9 novembre dernier, il a notamment pour ambition de faire de Carrefour le leader mondial du digital retail avec 10 milliards d’euros de ventes d’ici 2026 et 600 millions d’euros additionnels au ROC à cette date par rapport à 2021. Rappelons que Carrefour est déjà devenu actionnaire du leader européen du quick commerce (livraison à domicile), Flink, le mois dernier.  

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