Macro-économie / Taux / Economie mondiale / Investissements directs étrangers
Macro-économie / Taux
Economie mondiale / Investissements directs étrangers
Les investissements étrangers se refont une santé
Ayant nourri et bénéficié du rebond de l’économie mondiale à la suite des confinements (le PIB mondial a crû de 6,1% l’an passé), les investissements directs étrangers (IDE) ont connu une vive croissance en 2021. Ils ont progressé de 64% et s’établissent désormais à 1582 milliards de dollars, d’après le rapport publié par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), organe subsidiaire de l'Assemblée générale des Nations unies.
"Les IDE mondiaux ont augmenté l'année dernière grâce au boom de l'activité de fusion et d'acquisition (F&A) et à la croissance rapide du financement de projets internationaux liées à des conditions de financement accommodante et à des grands programmes de relance des infrastructures", estime la Cnuced. Dans le détail, cette reprise a profité en premier lieu aux économies avancées, puisque sur la hausse de plus de 600 milliards de dollars d’IDE enregistrée, 427 milliards de dollars y ont été investis.
La composante bénéfices réinvestis des IDE - bénéfices conservés dans les filiales étrangères par les sociétés multinationales - a représenté la majeure partie de la croissance mondiale, reflétant la hausse record des bénéfices des entreprises, en particulier dans les économies développées, lit-on dans le rapport de l’organisation basée à Genève. Les dix plus gros récipiendaires d’IDE furent les États-Unis, la Chine, Hong Kong (Chine), Singapour, le Canada, le Brésil, l'Inde, l'Afrique du Sud, la Russie et le Mexique.
La tendance pour 2022 n’est pas encourageante avec l’accumulation de vents contraires ayant surgi. "L'environnement mondial des affaires et des investissements transfrontaliers a changé de façon spectaculaire en 2022 avec le début de la guerre en Ukraine, qui s'est produite alors que le monde était encore sous le choc de l'impact de la pandémie. La guerre a des effets bien au-delà de son voisinage immédiat, provoquant une triple crise alimentaire, énergétique et financière, la hausse des prix de l'énergie et des produits de base alimentant l'inflation et aggravant la spirale de l'endettement", juge la Cnuced qui cite également la propagation de la pandémie en Chine comme menace. Plus précisément, "cela se traduit par de nouveaux blocages dans certaines régions jouant un rôle majeur dans les chaînes de valeur mondiales (CVM), pourrait freiner davantage les nouveaux investissements dans les industries dépendant fortement des CVM", analyse, l’organisation basée à Genève.
Depuis le début de l’année , de mauvais signaux se font déjà jour. Les données préliminaires pour le premier trimestre montrent que les annonces de nouveaux projets ont chuté de 21 % (par rapport à la moyenne trimestrielle de 2021) au niveau mondial, les activités de fusions et acquisitions transfrontalières de 13 % et les opérations de financement de projets internationaux de 4 %. En 2022, la Cnuced prévoit que la forte croissance de 2021 ne pourra pas être maintenue et que les flux mondiaux d'IDE vont probablement suivre une trajectoire descendante et, au mieux, se stabiliseront. "Toutefois, même si les flux devraient rester relativement stables en termes de valeur, l'activité des nouveaux projets [en opposition aux extensions, ndlr] risque de souffrir davantage de l'incertitude des investisseurs", avertit la Cnuced.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

