Macro-économie / Taux / Investissements directs étrangers / Cnuced
Macro-économie / Taux
Investissements directs étrangers / Cnuced
Les investissements directs étrangers mondiaux font de la résistance / Une croissance toutefois disparate et dont l'absence dans certains secteurs inquiète
L'année 2023 a réservé des surprises sur le front des investissements directs étrangers (IDE) mondiaux. Dans un contexte du durcissement des conditions de financement, d'inflation élevée et de croissance molle, les flux mondiaux d'IDE ont enregistré une hausse de 3 %, atteignant un montant estimé à 1370 milliards de dollars, d’après le Global Investment Trends Monitor publié par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), qui juge que cela a dépassé les attentes.
Reste que, derrière cette croissance inattendue, des signaux inquiétants se profileraient. Le rapport souligne une diminution significative des annonces de projets d'investissements internationaux au cours de l'année précédente, notamment dans les domaines du financement de projets et des fusions-acquisitions, avec des chutes respectives de 21 % et 16 %. Le nombre d'annonces de nouveaux projets a quant à lui baissé de 6 % (en valeur ils ont augmenté de 6 %, portés en partie par le secteur manufacturier).
En outre, le rapport se montre préoccupé par l’évolution de la situation sur le front des énergies renouvelables. Il a enregistré une baisse de 17 % des nouvelles transactions internationales de financement de projets et une baisse de 10 % de leur valeur. "Cette baisse constitue une première depuis la signature de l'Accord de Paris en 2015, soulignant les défis persistants dans la transition vers des sources d'énergie durables", pointe la Cnuced.
Toujours du point de vue sectoriel, l’année passée met en lumière une augmentation du nombre de projets dans les secteurs fortement dépendants des chaînes de valeur mondiales, notamment l'automobile, le textile, les machines et l'électronique. Cependant, le secteur des semi-conducteurs a enregistré une baisse de 10 % du nombre de nouveaux projets et une chute de 39 % de leur valeur, marquant une inversion après une forte croissance en 2022.
Il existe également d’importantes disparités au niveau géographique. La croissance des IDE s’est élevée à 29% au sein des économies développées, tandis qu’une contraction de 9% a été enregistrée dans les pays en développement. Chez ces derniers, c’est en Asie que les plus mauvaises performances sont à déplorer (-12%). Certes la Chine, malgré une baisse inhabituelle de 6 % des entrées d'IDE, a affiché une croissance de 8 % des annonces de nouveaux projets. En revanche, l'Inde a subi une baisse significative de 47 % des entrées d'IDE tout en maintenant sa position parmi les cinq premières destinations mondiales pour les nouveaux projets. L'Association des pays de l'Asie du Sud-Est (Anase), traditionnellement moteur de la croissance des IDE, a connu une baisse de 16 %.
La région demeure toutefois attractive pour les investissements dans l'industrie manufacturière, avec une augmentation remarquable de 37 % des annonces de nouveaux projets dans des pays tels que le Viêt Nam, la Thaïlande, l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines et le Cambodge.
Par ailleurs, les flux d'IDE ont enregistré un modeste recul de 1 % en Afrique, tandis qu'ils sont restés stables en Amérique latine et dans les Caraïbes, soutenus en partie par une croissance de 21 % au Mexique, la deuxième économie de la région.
Pour cette année, le rapport évoque une possible augmentation modeste des flux d'IDE, citant la stabilisation de l'inflation et des coûts d'emprunt sur les principaux marchés. "Toutefois, des risques importants persistent, notamment des risques géopolitiques, des niveaux d'endettement élevés dans de nombreux pays et des inquiétudes quant à la poursuite de la fracture économique mondiale", tempère la Cnuced.
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