WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Investissements directs étrangers ; Investisseurs américains ; Attractivité ; Chambre de Commerce Américaine en France ; AmCham

Macro-économie / Taux / Investissements directs étrangers / Investisseurs américains / attractivité

Macro-économie / Taux
Investissements directs étrangers / Investisseurs américains / attractivité

La France séduit toujours les investisseurs américains / L’optimisme l’emporte sur l’incertitude

Dans un contexte économique et géopolitique morose, la France demeure une destination privilégiée aux yeux des investisseurs américains. Malgré certaines faiblesses historiques, la résilience des indicateurs macroéconomiques et les efforts du gouvernement en matière d’attractivité font bonne impression outre-Atlantique.
58 % des entreprises américaines implantées en France ont une perception positive de l’Hexagone (Dagmar SCHWELLE/LAIF-REA)
58 % des entreprises américaines implantées en France ont une perception positive de l’Hexagone (Dagmar SCHWELLE/LAIF-REA)

La France, cinquième destination des investissements directs étrangers américains dans la zone euro, n’a rien perdu de son attractivité. Ce sont la Chambre de Commerce Américaine en France (AmCham) et le cabinet de conseil Bain & Company qui le disent, à l’occasion de la 23ème édition du Baromètre AmCham-Bain, qui mesure chaque année le moral des investisseurs américains en France. "Dans un contexte économique global défavorable, l’inconfort et l’incertitude des investisseurs américains sont tangibles mais la France demeure un territoire très attractif à leurs yeux", résume Marc-André Kamel, vice-président de l’AmCham France, insistant sur "la tonalité très positive" du Baromètre 2023.

 

Attractivité intacte

 

Il faut dire qu’après deux années de crise sanitaire, l’Europe se retrouve à nouveau confrontée à des difficultés majeures – guerre en Ukraine, inflation galopante, crise énergétique, etc. – qui font douter les investisseurs américains. Alors qu’ils étaient 74 % à anticiper une évolution positive du contexte économique en France en 2021, ils ne sont plus que 22 % en 2022, signe d’une nette dégradation en un an à peine.

Pour autant, une majorité d’entreprises outre-Atlantique implantées sur notre territoire garde une perception positive de l’Hexagone tandis qu’un "socle très important" considère que la France reste "durablement attractive", à des niveaux supérieurs à la moyenne des dernières années. Depuis le Brexit, la France constitue, grâce à sa position géographique, une "porte d’entrée idéale" sur l’Europe, reconnue pour sa qualité de vie, sa capacité d’innovation et de recherche, son système de formation professionnelle ou encore la qualification de sa main-d’œuvre.

Alors que l’Allemagne était encore jusqu’à récemment tributaire du gaz russe, la relative indépendance énergétique de la France représente également une source de satisfaction. En outre, les investisseurs ne semblent pas tellement avoir été affectés par l’inflation et la hausse des prix de l’énergie. "La hausse des prix est conjoncturelle tandis que les investissements se réfléchissent sur le plus long terme", analyse Marc-André Kamel.

 

Faiblesses historiques

 

Si les turbulences économiques et géopolitiques expliquent en partie les craintes des investisseurs, ce sont avant tout les faiblesses historiques de la France comme le coût global de la main-d’œuvre, les procédures de licenciement, la législation sociale, et enfin la complexité des procédures administratives qui sont mises en avant cette année par les répondants. Par ailleurs, le climat social tendu, la perception d’un fossé culturel avec les manières de faire et de penser anglo-saxonnes ou encore la sensation d’une préférence nationale constituent "des ombres non négligeables au tableau de l’attractivité française", souligne l’AmCham.

En ce sens, la Chambre de Commerce invite à "persévérer dans la mise en œuvre de réformes économiques et sociales ambitieuses", les investisseurs suivant d’un œil attentif les réformes des retraites et de l’assurance chômage tout en reconnaissant un gouvernement "pro business" depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

 

L’IRA, plus de peur que de mal ?

 

La semaine dernière, Washington recevait Bruno Le Maire et son homologue allemand Robert Habeck, soucieux de préserver l’attractivité européenne auprès des investisseurs américains face à l’Inflation Reduction Act (IRA). L’AmCham, au contraire, se montre bien moins alarmiste sur le sujet. "Malgré l’IRA, on observe toujours cette forte volonté d’investir en France, les entreprises américaines restent très dynamiques à ce propos", explique Bijan Eghbal, président de l’AmCham France. "On ne constate pas du tout une volonté de retrait", poursuit-il.

"L’IRA est évidemment favorable aux États-Unis, mais les entreprises expriment la volonté de se diversifier", rapporte Marc-André Kamel. "Le découplage entre les États-Unis et la Chine ne peut que renforcer les liens transatlantiques", continue-t-il. Finalement, "en cas d’affaiblissement des flux d’investissements, la question de l’attractivité de la France est d’autant plus importante afin d’en capter tout de même le plus possible", conclut le président de l’AmCham France.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article