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Investissements directs étrangers / Monde / crise
Les IDE mondiaux dégringolent / Un contexte international difficile décourage les projets
Sale temps pour les investissements directs étrangers (IDE). S’établissant à 357 milliards de dollars au deuxième trimestre, ils ont enregistré une baisse de 31% par rapport à la période allant de janvier à mars (et de 7% comparativement à la moyenne trimestrielle de 2021), soit une contraction inédite depuis le déclenchement de la pandémie, d’après un rapport publié par la Conférence des nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), organe subsidiaire de l’ONU. "La tendance négative reflète un changement dans le sentiment des investisseurs en raison des crises alimentaire, énergétique et financière dans le monde, de la guerre en Ukraine, de la hausse de l’inflation et des taux d’intérêt et des craintes d’une récession à venir", lit-on dans le rapport.
Géographiquement, les flux d’IDE vers les économies développées ont diminué de 22 % au deuxième trimestre par rapport à la moyenne de 2021, à environ 137 milliards de dollars. Au sein du Vieux continent, les flux vers les pays de l’Union européenne ont augmenté de 7%, tandis que les pays extérieurs au bloc ont vu leurs entrées chuter de plus de 80%. Les entrées de capitaux en Amérique du Nord, quant à elles, ont baissé de 22 %, les fusions et acquisitions transfrontalières ciblant les entreprises américaines ayant diminué de plus de moitié. Du côté des économies en développement, une certaine résistance est à noter, puisque les IDE ont augmenté de 6 % pour atteindre 220 milliards de dollars.
Et les perspectives ne sont pas très réjouissantes. En effet, représentant un indicateur avancé des IDE, les annonces de projets greenfield (nouveaux projets en oppositions aux extensions) ont baissé au cours des neufs premiers mois de l’année. Le nombre d’annonces de projets greenfield – principalement dans le secteur manufacturier – a chuté de 10 %, tandis que celui des opérations internationales de financement de projets – principalement dans les infrastructures – a stagné au niveau de 2021. Selon le rapport, le nombre de nouveaux projets a diminué dans la plupart des industries, à quelques exceptions près, notamment dans les industries extractives et pétrochimiques.
Le resserrement des conditions financières et l'incertitude accrue des investisseurs sont visibles dans les tendances mensuelles à la baisse des annonces de nouveaux projets, explique la Cnucee qui perçoit néanmoins quelques lueurs d’optimisme. "La persistance de bons résultats financiers des multinationales, après les bénéfices record de 2021, et la poursuite de la croissance de certains marchés émergents pourraient atténuer l'effet baissier. L'évolution des besoins dans le secteur de l'énergie pourrait également favoriser les investissements dans certaines industries", avance l’organisation basée à Genève.
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