Macro-économie / Taux / AmCham / Bain & Company / Investisseurs américains / France
Macro-économie / Taux
AmCham / Bain & Company / Investisseurs américains / France
La France garde la cote auprès des investisseurs américains / Toutefois, ses faiblesses historiques demeurent et la pénalisent
Les années passent et le coût de la main-d’œuvre française continue à échauder les investisseurs américains. Un point d’autant plus inquiétant qu’il s’agit désormais du critère le plus important pour les décisions d’investissement en Europe des entreprises américaines, selon le baromètre AmCham-Bain 2024 sur le moral des investisseurs américains en France.
Un constat regrettable alors que la France continue à attirer l’attention de l’autre côté de l’Atlantique. Sa perception par les maisons-mères américaines restant bonne ou excellente pour près de 52 % des répondants. Interrogé, un directeur général délégué au sein d’une banque d’investissement regrette que si " notre maison-mère perçoit le pays comme un gagnant économique européen, il subsiste une impression qu’en France tout est plus compliqué […] ce sont des croyances basées davantage sur des perceptions héritées du passé que sur la connaissance précise des améliorations récentes ou en cours".
Talon d’Achille
Les réformes menées n’ont pour le moment pas réglé l’intégralité des maux français. On observe ainsi que ce sont " 81 % des répondants [qui] estiment que le climat social en France est un irritant de l’attractivité du pays pour les collaborateurs étrangers ". Soit une détérioration de 15 points en un an. Sur un tout autre plan, le manque d’adéquation entre la demande et l’offre de travail est déploré ; c’est 47 % du panel qui juge que " la France est insuffisamment préparée aux métiers de main", là où ils n’étaient que 40 % à le penser dans l’édition 2023.
Les investisseurs américains ne cachent pas leur scepticisme sur le sujet des réformes à venir, notamment celles des cotisations sociales ou bien des titres de séjour pour les métiers en tension, ils ne sont que 35 % à être confiants dans leur mise en œuvre d’ici la fin du quinquennat. Autre inquiétude majeure : le sujet de la dette publique hexagonale sur lequel près de 69 % des répondants " se disent inquiets ou très inquiets". Une augmentation de 3 et 8 points comparée à 2022 et 2021. Marc-André Kamel, associé senior et directeur chez Bain & Company et membre du Board de l’AmChamFrance, a commenté ce chiffre en rappelant "que l’instabilité fiscale fait peur et est à même de remettre en cause les business plans".
Chemin parcouru
Un second quinquennat qui n’a pas pour autant déçu les investisseurs américains, ces derniers étant 67 % à bien percevoir les réformes qui ont été mises en place durant ce laps de temps. Tout comme ils saluent les efforts consentis sur le plan énergétique, les tarifs hexagonaux étant perçus à 77 % comme neutre ou positif et Marc-André Kamel souligne que le nucléaire "constitue tant un atout en termes de prix que de décarbonation ".
Des points sur lequel l’AmCham s’appuie pour effectuer 5 recommandations. Ces dernières vont du maintien de la dynamique pro-business dans l’Hexagone, à la poursuite de la réindustrialisation, en passant par des efforts sur l’innovation et la R & D. L’accompagnement du déploiement de l’IA, jugé critique pour leur performance par 90 % des répondants, est également mis en avant tout comme la résolution du problème structurel de manque de main-d’œuvre.
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