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Macro-économie / Taux / Inflation / Zone euro / Banque centrale européenne

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Inflation / Zone euro / Banque centrale européenne

ukraine L’inflation européenne grimpe (encore)

UKRAINE. Sous l’effet, notamment, d’une nouvelle augmentation des prix de l’énergie liée à plusieurs facteurs géopolitiques et économiques, la hausse annuelle des prix à la consommation en zone euro a atteint un nouveau record en juin. Le recul de l’inflation sous-jacente aurait pu être une bonne nouvelle, s'il n'était pas le fruit d'aides gouvernementales en Allemagne.
Pompe à essence. Arnaud HEBERT/REA
Pompe à essence. Arnaud HEBERT/REA

Son reflux n’a de cesse d’être retardé par de nouveaux évènements géopolitiques et économiques. En juin, la hausse annuelle des prix à la consommation à la zone euro s’est établie à un nouveau sommet, d’après les données publiées par Eurostat. L’inflation a atteint 8,6 % sur un an, quand le consensus escomptait 8,4 %, après 8,1 % en mai. Ce sont les composantes les plus volatiles de l’indice des prix à la consommation qui ont nourri cette énième accélération, notamment l’énergie. En effet, ses prix se sont de nouveau envolés (41,9 % sur un an, contre 39,1 % en mai) à la faveur de plusieurs facteurs.

 

Gaz et pétrole se vengent

 

D’une part, les prix du carburant ont grimpé en raison des sanctions frappant le pétrole russe à propos desquelles se sont accordées les Vingt-sept. D’autre part, l’or noir a profité du réveil de l’activité de son premier importateur mondial :  la Chine, mise sous cloche durant de nombreuses semaines, a desserré les mesures prophylactiques qu’elle avait adoptées en réponse à la propagation du variant Omicron. Les prix du gaz ont, eux aussi, enregistré un rebond, les livraisons de Gazprom vers les pays européens s’étant effondrées : le TTF néerlandais, référence du marché du gaz naturel européen, se négociait pendant la seconde moitié de juin aux alentours de 130 euros le mégawattheure, quand il évoluait vers 80 euros fin mai.

Fait inédit depuis de nombreux mois, l’inflation sous-jacente, indicateur avancé de l’inflation globale car purgée des composantes volatiles que sont l’énergie et l’alimentation, s’est affichée en recul (3,7 % sur an après 3,8 % en mai). Cela pourrait donner un peu de baume au cœur à la Banque centrale européenne (BCE). Malheureusement pour cette dernière, la baisse n’est pas le produit d’un changement dans la dynamique fondamentale des prix à la consommation.

 

Fausse bonne nouvelle

 

De fait, elle est le fruit de mesures d’aides mises en place par le gouvernement allemand pour protéger les consommateurs de la hausse des prix du carburant en les incitant à utiliser les transports publics. Est entré en vigueur un billet mensuel à 9 euros permettant aux Allemands de prendre les transports en commun des villes et les trains régionaux de manière illimitée (en conséquence, l’inflation annuelle allemande des services est passée de 2,9 % en mai à 2,1 % en juin). À noter qu'à l'image de la France, l'Allemagne a également mis en place une remise sur les prix du carburant (elle est de 14 centimes sur le gazole et 30 centimes d'euro pour le super), ce qui a influé à la baisse sur son inflation globale (7,6 % en juin contre 7,9 % en mai) et donc sur l'inflation de la zone euro qui, elle, continue malgré cela de grimper.

Alors que se tiendra son prochain Conseil des gouverneurs le 21 juillet, la BCE ne devrait pas changer ses plans (augmentation du taux directeur de 25 points de base) à la lecture de ces nouvelles données. Même si, "le contingent faucon du Conseil des gouverneurs ne manquera pas de plaider en faveur d'une hausse de 50 points de base", estime Andrew Kenningham, chef économiste chez Capital Economics. Toutefois, "comme les banquiers centraux sont de moins en moins à l'aise avec leur politique de taux d'intérêt négatifs, nous nous attendons à des hausses de taux plus importantes à partir de septembre, le taux de dépôt passant à 0,75 % d'ici la fin de l'année [il se situe aujourd'hui à -0,5 %, ndlr]", anticipe l'économiste.

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