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L’inquiétude gagne les ETI françaises
La conjoncture internationale pèse fortement sur l’activité des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et la confiance de leurs dirigeants. Celle-ci poursuit sa tendance baissière avec près de 37 % des dirigeants d’ETI se déclarant assez ou très inquiet quant aux perspectives de leur entreprise pour les six prochains mois. Le Baromètre Palatine-METI du financement des ETI illustre cette inquiétude croissante chez les dirigeants d’ETI qui sont plus de 25 % à estimer que la situation de leur secteur d’activité s’est dégradée depuis juin 2021, un chiffre en hausse de 5 points par rapport au mois de mars.
Pourtant, les projets de croissance restent d’actualité, avec, à la clé, des créations d’emplois significatives : 80 % des ETI prévoient de créer 50 emplois au moins grâce à leurs projets de croissance. Par ailleurs, en 2021, les ETI ont affiché des records d’investissement et de créations nettes d’emplois sur 10 ans, confirmant leur rôle stratégique pour le pays, levier majeur du plein emploi et de la réindustrialisation.
Certaines ETI ont "surperformé" face à la crise du Covid-19
La crise semble avoir peu influé sur les trajectoires d’investissement des ETI, 65 % d’entre elles n’ayant pas modifié leur trajectoire d’investissement entre 2019 et 2021. Au contraire, elle semble plutôt avoir mis en exergue leur capacité d’adaptation puisque 35 % d’entre elles ont accru leurs investissements en 2021, par rapport à 2019, pour s’attaquer à de nouveaux besoins ou de nouvelles cibles (induits ou non par la crise) et 31 % pour saisir des opportunités de développement à l’international.
En témoigne l’évolution de l’outil de production, qui obéit désormais à des enjeux de croissance plus que de simple renouvellement : 55 % des ETI ont ainsi principalement voire essentiellement investi dans la croissance de leur outil de production en 2021, contre 32 % en 2019. Cet engagement en faveur de la création de valeur se traduit également en termes de R&D : les ETI y consacrent plus de 3 % de leur chiffre d’affaires et 54 % prévoient d’accroître cet effort dans les deux prochaines années.
"Cette étude confirme que les ETI constituent un atout stratégique majeur pour notre pays. Privilégiant la création de valeur de long terme, elles sont un acteur incontournable du pacte productif inscrit au cœur du nouveau quinquennat", souligne Philippe d’Ornano, président de Sisley et co-président du METI.
Le poids de la conjoncture
Sous l’effet combiné d’une inflation galopante et d’un contexte géopolitique international tendu, la santé financière des ETI est moins solide qu’en 2021. La part des ETI qui voient leur trésorerie s’améliorer a été divisée par deux en trois mois, alors que la part de celles qui voient leur endettement net total se dégrader a progressé de 6 points.
La moitié des dirigeants estiment ressentir davantage les effets de la conjoncture par rapport au 1er trimestre, et même deux dirigeants sur trois s’agissant des prix de l’énergie. Ce sont les problèmes de recrutement (rapportés par 97 % des ETI) et la hausse des prix des matières premières (91 %) qui arrivent en tête des difficultés rencontrées. Ces difficultés ont un impact sur l’activité de 90 % des ETI, sur la rentabilité de 87 % d’entre elles et sur les projets d’investissements de 63 % d’entre elles. Pour y faire face, 86 % des ETI répercutent tout ou partie des hausses de coûts sur leurs prix de vente. Elles sont aussi plus nombreuses, par rapport à mars dernier, à faire appel aux crédits complémentaires.
"Après un rebond constaté depuis mars 2021, la dynamique d’investissement des ETI est perturbée aujourd’hui par une conjonction exceptionnelle d’événements économiques et géopolitiques. Toutefois, nous sommes loin de craindre un arrêt brutal des investissements ou de leur activité. La plupart des ETI sont dans une situation financière saine et conservent leur capacité de développement", tempère Patrick Ibry, directeur général délégué de la Banque Palatine.
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