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Kering / luxe / Gucci

Kering freiné par la panne de croissance de Gucci

Les derniers résultats semestriels de Kering confirment le fort ralentissement de la dynamique de Gucci, très exposé à la Chine. Une situation en partie compensée par la montée en puissance des autres marques, en particulier de Saint Laurent.
Francois Henri Pinault, president du groupe Kering - Pascal SITTLER/REA
Francois Henri Pinault, president du groupe Kering - Pascal SITTLER/REA

Le sentiment est mitigé à la lecture des comptes du premier semestre du numéro deux mondial du luxe. Il n’y a pas de doute que Kering a publié des performances solides. Tant le chiffre d’affaires, en hausse de 23% à 9,93 milliards d’euros, que le résultat opérationnel courant, en progrès de 26% à 2,82 milliards d’euros, et donc la marge opérationnelle courante de 28,4%, traduisent une performance soutenue. Tous ces agrégats financiers dépassent d’ailleurs les attentes. Le consensus FactSet des analystes visait des ventes de 9,82 milliards d’euros et un résultat opérationnel courant de 2,53 milliards d’euros.

"Kering a réalisé au premier semestre 2022 un chiffre d’affaires en nette progression, entretenant la dynamique de croissance de l’an dernier : les très bonnes performances dans notre réseau en propre à travers le monde ont plus que compensé l'impact au deuxième trimestre des mesures liées à la Covid en Chine", a souligné François-Henri Pinault, le président-directeur général de l’entreprise.

 

La Chine "frein évident"

 

"Chacune de nos maisons a contribué à la forte croissance à deux chiffres du résultat opérationnel de Kering et, ainsi, à l'amélioration de la marge du groupe", a ajouté le dirigeant. C’est sur ce point que les avis divergent. Si la performance globale apparaît satisfaisante, "par marque, les performances sont plus contrastées", notent les analystes d’Invest Securities. L’attention se porte logiquement sur Gucci, la griffe emblématique représentant à elle seule plus de la moitié des ventes et les deux tiers du résultat opérationnel courant. Pénalisée par l’impact des confinements en Chine, celle-ci a enregistré une croissance limitée de 4% au cours du seul deuxième trimestre, après une progression déjà faible de 13% au premier. Pour Gucci, "la Chine a été un frein évident, plus que compensé par la force des autres régions. Si l'on exclut la Chine, la croissance des ventes au détail a dépassé 20 % au cours du trimestre", a expliqué Jean-Marc Duplaix, le directeur financier du groupe, lors d’une conférence téléphonique.

Le recul de la marge opérationnelle de la marque à 36,5% sur l’ensemble du semestre, contre 37,8% un an plus tôt, du fait en particulier d’un réinvestissement plus fort qu’attendu en frais marketing, constitue une déception. Pour JPMorgan, cela "soulève des points d'interrogation quant à savoir si la marque a été sous-investie". Les dépenses marketing dans la marque pourraient demeurer élevées jusqu’à ce que la croissance des ventes s'accélère à nouveau. Or le moment où cela se produira reste incertain. Ainsi, pour la banque américaine, "le tableau est similaire à ce que nous avons vu au premier trimestre : un Gucci décevant, à la fois sur les ventes et les marges, par rapport à de fortes performances de toutes les autres marques, et notamment de Saint Laurent qui continue de se renforcer".

 

Saint Laurent accélère

 

C’est le très bon point de cette publication. Saint Laurent confirme sa forte montée en puissance. Son chiffre d’affaires s’est élevé à 1,48 milliard d’euros au premier semestre, en croissance de 42% et de 34% à données comparables, accompagné d’une progression de 330 points de base de la marge opérationnelle courante, qui atteint quasiment 30%. Bottega Veneta se porte bien également, avec un chiffre d’affaires semestriel de 834 millions d’euros et une marge opérationnelle courante qui retrouve un niveau de 20%.

Les "autres Maisons" ne sont pas en reste, avec un chiffre d’affaires proche de 2 milliards d’euros, en croissance de 32% et un résultat opérationnel courant record à 337 millions d’euros, dont la hausse de plus de 20% découle notamment de la cession récente des activités horlogères, en perte de vitesse. Ainsi, note JPMorgan, "les résultats très solides de ces autres divisions commencent à compenser leur poids relativement faible au sein de l’ensemble, apportant à Kering la dynamique qui fait actuellement défaut à Gucci".

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