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STMicroelectronics / Jean Marc Chéry / Semiconducteurs
STMicroelectronics surfe sur la digitalisation
Le client mystère de STMicroelectronics a encore frappé. Celui dont le fabricant franco-italien de semiconducteurs ne peut citer le nom – il fabrique des iPhone - a une nouvelle fois joué un rôle significatif dans les très bons résultats semestriels de l’entreprise. "Notre principal client en téléphonie mobile nous a demandé de l'approvisionner dans des quantités plus importantes que prévu initialement. Cela a contribué de façon significative au fait que nous ayons dépassé le point médian de nos prévisions", confie à WanSquare Jean Marc Chéry, le directeur général de STMicroelectronics.
D’autre part, "nos activités de microcontrôleurs ont été moins pénalisées que ce que nous avions craint à la suite de l’incident extérieur à notre site de Crolles en Isère survenu début avril", ajoute-t-il.
Le chiffre d’affaires net de STMicroelectronics a bondi de 28,3% pour atteindre 3,84 milliards de dollars au deuxième trimestre, au-dessus, donc, dudit point médian que le groupe avait fixé à 3,75 milliards de dollars. De même, la marge brute de 47,4% a dépassé les 46% prévus. Par ailleurs, la marge opérationnelle a atteint 26,2%, nettement au-dessus des 23,7% anticipés par le consensus des analystes, tandis que le bénéfice par action de 0,92 dollar a dépassé les attentes du marché de 15%.
Meilleure visibilité sur les approvisionnements
Pour le troisième trimestre, le groupe prévoit "au point médian" un chiffre d’affaires net de 4,24 milliards de dollars, soit une hausse de 32,6% sur un an, avec une marge brute qui devrait s’établir "à environ 47%". Compte tenu d’un deuxième trimestre et de prévisions du troisième trimestre très solides, le groupe a logiquement relevé ses objectifs 2022 en hausse. Il prévoit désormais un chiffre d’affaires compris entre 15,9 et 16,2 milliards de dollars, soit 16,05 milliards de dollars en milieu de fourchette, contre 15,05 milliards de dollars précédemment, et une marge brute dorénavant attendue autour de 47%, contre 46% anticipé précédemment.
La confiance de l’entreprise dans ses perspectives s’appuie d’une part sur une plus grande confiance dans ses approvisionnements. "La visibilité s’améliore sur nos approvisionnements en matières premières, en produits chimiques, en gaz, tandis que les fournisseurs de nos équipements de fabrication destinés à augmenter la production de nos usines nous donnent aujourd’hui des prévisions plus fiables", explique Jean Marc Chéry.
Ce faisant, "nous allons augmenter le niveau d’activité industrielle de nos usines de 12,5% au troisième trimestre. Et, du fait que nos carnets de commandes sont historiquement élevés – entre 18 et 24 mois d’activité - toute augmentation de nos volumes se traduit en chiffre d’affaires", poursuit le dirigeant.
D’autre part, si certains marchés de l’électronique grand public subissent à n’en pas douter un ralentissement, comme celui des ordinateurs personnels ou des téléphones de basse et moyenne gamme, STMicroelectronics n’en souffre pas ou peu. Ses produits de téléphonie s’adressent à une clientèle haut de gamme, tandis que les marchés sur lesquels le groupe est focalisé de façon prioritaire, comme l’automobile (35 à 40% du chiffre d’affaires) et l’industrie, bénéficient d’une demande toujours très solide.
Tendances séculaires
Quant à la rentabilité, celle-ci est en grande partie liée à la capacité à maintenir ou augmenter les prix, ce pricing power alimentant un cercle vertueux. "Environ 65 à 70% de la trésorerie est réinvestie dans notre outil industriel", indique Jean Marc Chéry. Et comme le groupe est positionné sur des domaines de forte croissance comme l’électrification de l’automobile, la mobilité en général, la digitalisation, cela se traduit par une accélération de l’introduction de nouveaux produits très rentables. "Il y a là un effet mix-produits qui joue ainsi de façon très importante et que nous ne voyons pas s’arrêter, étant donné que nous sommes positionnés sur des tendances séculaires lourdes de la société", souligne le dirigeant. S’ajoute à cela la discipline de l’entreprise sur ses dépenses de fonctionnement, qui augmentent moins vite que ses ventes.
Combinés, le pricing power, le mix produit, l’efficacité industrielle et l’effet de levier vis-à-vis des dépenses "nous rendent confiants dans la l'amélioration continue de notre marge brute pour tendre vers 50% et d’aller vers des marges d’exploitation de 30%", conclut Jean Marc Chéry. Des objectifs que le groupe s’était fixés pour la période 2025-2027 lors de son "Capital markets day" de mai dernier, ainsi que celui d’un chiffre d'affaires d'au moins 20 milliards de dollars.
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