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Entreprises / Actions / Soitec / Semiconducteurs / SOI / smartphones / semi-conducteurs / PIerre Barnabé

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Soitec / Semiconducteurs / SOI / smartphones / semi-conducteurs / PIerre Barnabé

Le marché parie sur un trou d’air passager pour Soitec / Le second semestre devrait marquer une forte accélération

Le ralentissement attendu des ventes de Soitec au cours des prochains mois devrait être suivi par une forte accélération au second semestre. Une fois les stocks de ses clients résorbés, le spécialiste français des matériaux semi-conducteurs devrait renouer avec son histoire de croissance, qui va bénéficier de l’apport de ses nouveaux produits à fort potentiel sur ses trois marchés finaux des communications mobiles, de l’automobile et de l’industrie, et des objets intelligents.
Pierre Barnabé, directeur général de Soitec - Bruno LEVY/CHALLENGES-REA
Pierre Barnabé, directeur général de Soitec - Bruno LEVY/CHALLENGES-REA

Une mauvaise nouvelle est une bonne nouvelle. Ce qui pourrait constituer la première fausse note depuis l’arrivée de Pierre Barnabé à la direction générale de Soitec en juillet dernier n’en est pas vraiment une. En annonçant à la veille du week-end pascal que son chiffre d’affaires au premier semestre de son exercice 2023-2024, qui vient de débuter, devrait reculer d’environ 15% au premier semestre 2022-2023, le fabricant français de matériaux semi-conducteurs innovants a jeté un léger froid. Mais un froid que les investisseurs ont d’emblée replacé dans son contexte. L’action Soitec gagnait 6% mardi, à 148 euros, alors que les marchés étaient fermés vendredi au moment où le groupe lançait son avertissement.

"L’absorption des stocks à travers l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement du marché des smartphones devrait durer pendant tout le premier semestre de l’exercice 2023-2024", a justifié le groupe. Le fait est que l’entreprise est exposée à près de 70% de son chiffre d’affaires au marché final des smartphones dont les volumes ont chuté de 12% l’an dernier. Les clients se retrouvent ainsi avec des stocks excédentaires qu’ils doivent écouler. Les dirigeants avaient déjà évoqué la situation en janvier mais sans en chiffrer les conséquences. C’est désormais chose faite.

Et la proportion n’apparaît pas si inquiétante au regard de ce que subissent les autres acteurs des composants de radiofréquence (RF) utilisés dans les smartphones. Tous les concurrents de Soitec dans le domaine de la RF pour smartphones s’attendent à un trou d’air. Les américains "Qualcomm, Skyworks et Qorvo ont respectivement prévu une baisse de leur chiffre d'affaires de 18%, 14% et 47% en glissement annuel pour le trimestre clos en mars", note la banque JP Morgan.

 

Un ralentissement limité et chiffré

 

Si bien que le consensus des analystes avait déjà largement anticipé un ajustement de la part de Soitec. Compte tenu du retard accumulé par son cours de Bourse depuis le début de l’année par rapport au marché, en baisse de 3% quand le CAC 40 gagne près de 15%, l’importance de l’ajustement sur les prévisions de l’année est relativisée. Le marché a surtout horreur de l’incertitude, et se demandait quand le groupe serait rattrapé par la réalité du marché des smartphones, et avec quel impact sur ses ventes. La réponse à ses questions le rassure, les investisseurs comprenant que le ralentissement en cours devrait être limité à la fois dans son ampleur et dans le temps.

Grâce à "une forte accélération" entre le premier et le second semestre, le groupe s’attend à ce que son chiffre d’affaires soit stable sur l’ensemble de l’exercice 2023-2024. Ensuite, "une fois que les digestions de stocks s'estomperont, nous nous attendons à ce que l'entreprise reprenne le chemin de la croissance et que ses ventes augmentent de 35% environ au cours de l'année fiscale 2025", prévoient les analystes de Stifel.

La demande pour les substrats avancés à base de silicium sur isolant (SOI) fabriqués par la société s’appuie sur plusieurs tendances en plein essor : l’adoption de la 5G dans les communications mobiles, l’augmentation du volumes de semiconducteurs embarqués dans l’automobile et le bond de la demande du marché des appareils intelligents. La croissance future reposera aussi sur les nouveaux produits, comme le carbure de silicum (SiC) au cœur de l’avènement des véhicules électriques, ou le substrat piézoélectrique-sur-isolant (POI) destiné à la dernière génération de filtres 5G des smartphones. Ajustée à 2,1 milliards de dollars, contre 2,3 milliards de dollars auparavant, la prévision de chiffre d’affaires pour l’exercice 2025-2026 marque ainsi toujours un plus que doublement en quatre ans.

Les investisseurs pourront affiner leur perception des perspectives associées à ces produits à l'occasion du Capital Markets Day du 8 juin prochain, prévu dans la foulée de la publication des résultats de l’exercice 2022-2023, clos fin mars, dont les objectifs ont été confirmés.

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