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Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / climat / verdissement / CSPP

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Banque centrale européenne / climat / verdissement / CSPP

Marchés : comment la Banque centrale européenne amorce son virage vert

Dans moins de quinze jours, l’institution de Francfort commencera à mener ses achats d'obligations d’entreprise à la lumière de considérations climatiques. Elle vient de dévoiler sa méthode d'action.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - EUC/ROPI-REA
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - EUC/ROPI-REA

Un peu plus d’un an après que les conclusions de la revue de stratégie ont été rendues publiques, le climat fait un peu plus concrètement son entrée dans la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Dans deux semaines, les achats d’obligations d’entreprise de la BCE réalisés dans le cadre de la conduite de la politique monétaire se feront à l’aune de critères climatiques et l’institut d’émission vient de les dévoiler.

Pour rappel, si avec l’envolée de l’inflation, l’Eurosystème (19 Banques centrales nationales et la BCE) a cessé d’acquérir de nouveaux titres d’entreprise depuis plusieurs mois, son bilan en contient pour près de 390 milliards d’euros - ces achats avaient été lancés en juin 2016 tandis que la zone euro était au bord de la déflation.

Si bien que la BCE n’est pas totalement absente des marchés obligataires privés, sa présence se fait sentir par le biais des réinvestissements intégraux des tombées de titres arrivant à maturité, ce qui n’est pas sans impact sur le taux auquel les entreprises peuvent se financer. 

Ces réinvestissements ne se feront plus selon une logique de "neutralité de marché" : si le secteur pétrolier représentait 30% de l’encours obligataire alors le portefeuille de la BCE devait en être composé d’une proportion équivalente.

 

Note verte

 

A compter du 1er octobre, ce seront des critères climatiques qui présideront aux achats, une "note climat" sera décernée à chaque entreprise. La note que chaque entreprise obtiendra aura ainsi une incidence sur sa pondération relative dans l'indice de référence (benchmark) guidant les achats d'obligations d'entreprises en cours de réinvestissement par l'Eurosystème.

"Cela se traduira par l'achat d'un plus grand nombre d'obligations émises par des entreprises ayant une bonne performance climatique et d'un moins grand nombre d'obligations émises par celles ayant une mauvaise performance climatique. En outre, l'Eurosystème utilisera le score climatique pour ajuster ses offres sur le marché primaire afin de favoriser les émetteurs présentant de meilleures performances climatiques et d'imposer des limites d'échéance aux obligations des émetteurs moins bien notés", a déclaré la BCE.

Dans le détail, la performance climatique sera appréciée au travers de trois composantes. D’une part, les émissions de carbone passées des entreprises. "Les performances des entreprises par rapport à leurs pairs dans un secteur spécifique ainsi que par rapport à tous les émetteurs d'obligations éligibles ", explique la BCE. D’autre part, seront pris en compte les objectifs de réduction des émissions de carbone des entreprises. "Les entreprises ayant des objectifs de décarbonation plus ambitieux obtiennent un meilleur score. Cela les incite à réduire leurs émissions", indique la Banque centrale.

Enfin, la qualité de la transparence sur les données climatiques sera récompensée. "Les émetteurs dont les données climatiques sont de haute qualité obtiennent un meilleur score. Cela incite les émetteurs d'obligations à améliorer la qualité de leurs publications d'informations financières relatives au climat", a annoncé la BCE.

 

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