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Bruno Le Maire veut faire de l’industrie française un leader vert en Europe / Il compte pour cela muscler le verdissement de la politique de l'offre
Alors que les émissions nettes de gaz à effet de serre hexagonales doivent décroître d’au moins 40 % d'ici huit ans par rapport aux niveaux de 1990 et être nulles en 2050 - dans le cadre de la stratégie nationale bas-carbone de la France -, l’accélération de la décarbonation de l’un des plus importants émetteurs au niveau sectoriel apparaît toujours plus inévitable.
C’est ainsi qu’aux côtés du président de la République et de la Première ministre, "nous engagerons donc la France dans une réindustrialisation verte rapide, massive, planifiée ", a déclaré Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et la Souveraineté industrielle et numérique, à l’occasion de la présentation de ses vœux aux acteurs économiques, ce jeudi matin.
Le ministre souhaite faire feu de tout bois. En effet, "tout ce qui permettra de verdir notre production, de décarboner notre industrie, de produire des biens verts en France aura notre soutien fiscal, financier, règlementaire, administratif", a lancé celui qui veut conjuguer lutte contre le dérèglement climatique et construction d'une indépendance sur les biens industriels stratégiques.
L’objectif étant que la France devienne la première nation de l’industrie verte en Europe, a fait savoir le locataire de Bercy, qui a plaidé pour une politique de l’offre verte. C’est pourquoi, "au niveau national, j’ai proposé au président de la République et à la Première ministre d’inscrire, dans le cadre de la planification France Nation Verte [plan gouvernemental pour la transition écologique, ndlr], un projet de loi sur l’industrie verte", a-t-il ajouté.
Tous les services de Bercy, mais aussi les deux bras armés de l’Etat dans le financement de l’économie que sont la Caisse des Dépôts et Bpifrance sont sur le pont. Sans compter que "des groupes de travail sont déjà constitués avec des parlementaires, des élus, des chefs d’entreprise, des représentants associatifs", a indiqué Bruno Le Maire. On compte notamment Thierry Déau, directeur général de Meridiam, Philippe d’Ornano, président de Sisley ou encore Michel Paulin, directeur général d’OVH, parmi les chefs d’entreprise impliqués. Une méthode de co-construction de la loi qui rappelle celle utilisée au moment de l'élaboration de la loi Pacte en 2017.
Ce nouveau projet de loi aura en partie pour objet d’accélérer les processus d’autorisation des nouveaux sites industriels. "Il n’y a aucune raison qu’en France nous mettions deux ans, parfois trois, à développer un site industriel, là où d’autres grandes nations arrivent à le faire en quelques mois ", a déploré le ministre.
Par ailleurs, le projet devrait comprendre des éléments visant à favoriser la commande publique nationale, financer l’innovation industrielle avec France 2030 (plan d’investissement de 54 milliards d’euros), réorienter l’épargne et à créer un environnement fiscal plus attractif pour l’industrie verte. "Il complètera la baisse de huit milliards d’euros des impôts de production sur deux ans, décidée dans le projet de loi de finances 2023 ", a expliqué Bruno Le Maire.
Bercy espère pouvoir présenter un texte en juin ou juillet. Un projet de loi qui devrait être court, mais composé de mesures "puissantes", argue-t-on au ministère de l'Economie.
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