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PME / remboursement / Français
Les PME françaises plient mais ne rompent pas
"Quoi qu'il en coûte, nous soutiendrons nos entreprises" martelait Edouard Philippe, alors Premier ministre, en mars 2020 et force est de constater que l'écosystème hexagonal a survécu à ces longs mois de crise sanitaire.
L'inquiétude n'était pas tant alors pour les grands groupes français mais plutôt pour les petites et moyennes entreprise (PME) qui ont des ressources plus maigres pour absorber les chocs. Plusieurs mois après cet épisode, voilà que des économistes de la Banque de France ont signé un récent billet dans lequel ils estiment que "la grande majorité des PME ont bien résisté à la crise sanitaire".
Situation sous contrôle
Une situation maîtrisée notamment sur le plan de l'endettement bancaire net. Les auteurs de l'article avancent avoir pu utiliser des "données granulaires bancaires inédites" qui permettent de dessiner un paysage hexagonal des PME où il y "à la fois davantage d’entreprises avec une dette bancaire nette relativement faible et davantage d’entreprises avec une dette nette particulièrement élevée". On passe ainsi d'une situation à la fin de l'année 2019 où "25 % d’entreprises avaient une dette bancaire nette dite faible" à 31 % dans ce cas en mars 2022. A contrario la part de celles ayant une "dette nette dite élevée est passée de 25 % fin 2019 [...] à 28 % en mars 2022".
Le point saillant le plus intéressant est que la part de PME ayant "un endettement bancaire net très élevé" a connu une augmentation très contenue "passant de 5 % à 6 % entre décembre 2019 et mars 2022". Une situation qui n'est donc pas parfaite mais a minima rassurante sur la façon dont l'écosystème français a encaissé l'onde de choc de la pandémie. Les auteurs de leur côté qualifient les données révélées comme suggérant "une certaine maîtrise de l’endettement bancaire net des PME".
Nouvel écueil en vue
Alors que l'on apprend que suivant les secteurs "la proportion de PME ayant augmenté leur endettement bancaire fluctue entre 40 et 50 %", celles-ci qui s'en sont le mieux tirées sont au cœur de la problématique du moment ; l'inflation et plus particulièrement la flambée des prix de l'énergie. La note publiée affirme ainsi que la principale exception à la hausse constatée est "l’énergie où seulement 25 % des PME ont augmenté leur endettement bancaire net".
On peut partager les constats avancés et "raisonnablement considérer que la crise sanitaire n’a pas bouleversé la capacité de remboursement des PME", cela n'empêche point de réclamer de l'exécutif qu'il s'empare du problème à la hauteur du souci que ce dernier pose au tissu hexagonal de PME. Olivia Grégoire, ministre déléguée aux PME, a reconnu que le gouvernement devait faire mieux : " au moment où je vous parle, nous avons à peine 50 millions d’euros d’aides sur 3 milliards qui ont été décaissés ". Un échec des dispositifs qui remet logiquement leur mode de fonctionnement comme elle ne nie pas : "Si les aides ne sont pas décaissées, ce n’est pas de la faute des entrepreneurs, c’est qu’on doit encore simplifier les choses", a-t-elle indiqué.
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