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Zone euro : la crise énergétique enfonce un peu plus ses griffes
Intensification de la crise énergétique et de l’inflation obligent, le troisième trimestre finit sur une bien mauvaise note. Après un recul de l’activité économique privée en juillet et août, la contraction enregistrée par la zone euro se serait aggravée en septembre, avance l’enquête de S&P Global conduite auprès des directeurs d’achat (PMI).
L’indice PMI s’est établi à 48,2 points (il prend en compte le secteur manufacturier et celui des services et représente une contraction en glissement mensuel lorsque l’indice est en dessous de 50 points), montrent les résultats préliminaires de l’enquête, soit un plus bas depuis 20 mois – cela correspond à la fin des seconds confinements en Europe.
"L’estimation avancée des données PMI du mois de septembre affiche un niveau conforme à une contraction du PIB de 0,1 % au troisième trimestre, le repli de l’activité s’étant intensifié tout au long des trois derniers mois pour signaler les plus faibles performances économiques de la région depuis 2013 (exception faite de celles enregistrées lors des récentes périodes de confinements sanitaires)", commente Chris Williamson, chef économiste chez S&P Global.
C’est dans le secteur manufacturier, où l’activité a reculé pour un quatrième mois consécutif (48,5 points après 49,6 en août), que la contraction a été la plus marquée en septembre. "La flambée des prix de l’énergie a accentué les pressions sur les coûts des entreprises, limitant, dans certains cas, les niveaux de production", explique l’enquête. Sans surprise, la hausse des prix à la consommation (9,1 % sur un an en septembre) pénalise également les services : une accélération de la baisse de l’activité est observée, notamment, dans les secteurs des voyages, du tourisme ou encore des loisirs.
Et la forte hausse des prix du gaz naturel (et donc de l'électricité compte tenu du mode de fixation des prix de cette dernière) ayant eu lieu en août sous l'effet de la nouvelle réduction des flux gaziers en provenance de Russie, n'est pas de nature à arranger la situation sur le front de l'nflation. "L'on observe de nouvelles pressions sur les prix pour les entreprises en septembre, même si d'autres coûts ont été modérés en raison de l'affaiblissement de la demande mondiale. Cela confirme l'environnement stagflationniste dans lequel se trouve actuellement la zone euro", analyse Bert Colijn, économiste senior chez ING.
D'après la Banque centrale européenne (BCE), le PIB de la zone euro continuera d'augmenter au troisième trimestre (0,1 %). Ce n'est qu'entre octobre et décembre qu'il reculera (-0,1 %) avant de stagner au premier trimestre 2023. L'inflation, elle, devrait atteindre son pic (9,2 %) en même temps que la baisse du PIB avant de refluer au début de l'an prochain (8 % entre janvier et mars 2023), selon l'institution de Francfort.
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