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Entreprises / Actions / Tikehau / Tikehau Capital / encours / Antoine Flamarion / Mathieu Chabran

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Tikehau / Tikehau Capital / encours / Antoine Flamarion / Mathieu Chabran

Tikehau ou la croissance perpétuelle / Pour l’instant, les incertitudes macroéconomiques n'affectent pas le groupe

Le modèle de développement de Tikehau Capital est demeuré solide au troisième trimestre. La visibilité reste forte sur la collecte et le déploiement des capitaux pour la fin de l’année. S'il perdure, le contexte économique actuel pourrait toutefois rendre difficile l’objectif à moyen terme de plus de 65 milliards d’euros d’encours, qui paraît ambitieux.
Antoine Flamarion et Mathieu Chabran, les cofondateurs de Tikehau Capital - DR
Antoine Flamarion et Mathieu Chabran, les cofondateurs de Tikehau Capital - DR

"La diversité de nos stratégies de gestion d'actifs, notre positionnement sur des mégatendances porteuses et nos équipes expérimentées nous permettent de rester confiants dans nos perspectives de croissance", soulignent Antoine Flamarion et Mathieu Chabran, les cofondateurs de Tikehau Capital. La société de gestion alernative garde le cap dans la tempête. Tous ses indicateurs sans exception ont progressé au troisième trimestre. A commencer par le total des actifs sous gestion (en anglais asset under management ou AUM), agrégat clé, dont l’évolution reflète la capacité à collecter des encours auprès de clients-investisseurs et donc l’attractivité des stratégies que le groupe développe et gère. Ces actifs sous gestion s’élevaient à 37,5 milliards d’euros à fin septembre, à comparer à 36,8 milliards d’euros fin juin.

Et pourtant, "nous naviguons actuellement sur des marchés agités", indiquent Antoine Flamarion et Mathieu Chabran, qui avaient décidé en 2004 de baptisé la société du nom d’un atoll polynésien dont la traduction littérale signifie "atterrissage paisible". Pour l’économie mondial, l’année 2022 est bien celle de l’atterrissage mais celui-ci tend à être mouvementé, marqué par une forte inflation, la crise énergétique et la hausse des taux d'intérêt. Et, "dans ce contexte, Tikehau Capital a fait preuve de résilience, tant en termes de déploiement de capital que de collecte", font valoir les deux dirigeants.

 

Le déploiement s'appuie majoritairement sur la dette privée

 

A 1,6 milliard d’euros au troisième trimestre, le déploiement des capitaux a certes ralenti si l’on raisonne par rapport au montant de 1,8 milliard d’euros du deuxième trimestre de cette année. Mais le rythme demeure globalement en ligne avec le niveau de déploiement de 1,5 milliard d’euros réalisé en moyenne chaque trimestre en 2021 et en 2022. Pour continuer à déployer du capital dans un contexte macroéconomique qui se dégrade, Tikehau Capital s’appuie sur une stratégie sélective dans laquelle les fonds de dette privée ont été les principaux contributeurs aux déploiements du troisième trimestre, représentant 59% du total. Notamment, le groupe a lancé avec succès des CLO (collateralized loan obligation) en Europe et aux États-Unis, produit spécialisé correspondant à des obligations adossées à un portefeuille de prêts à effet de levier.

Les fonds de private equity représentent, eux, 24% du total déployé, illustré par plusieurs au sein de ses stratégies dédiées à l’aéronautique et à la cybersécurité via la filiale Tikehau Ace Capital. En mai dernier, celle-ci était notamment entrée au capital du groupe Bt2i, fournisseur-clé du Rafale, de l’A320 d’Airbus et des jets d’affaires Falcon. Quant à l’activité d’actifs réels, qui représente 17% du capital déployé, elle se focalise notamment sur l’immobilier via la filiale dédiée Sofidy.

Tandis que le déploiement du capital reste soutenu, le stocks de munitions à disposition, c’est-à-dire les fonds engagés par les investisseurs mais non investis, reste conséquent. Au 30 septembre 2022, le groupe disposait d’un niveau de "dry powder" (en référence à la poudre à canon) de 5,8 milliards d’euros, niveau stable par rapport à la fin juin, au sein des fonds qu’il gère.

 

37 milliards d'euros d'encours visé à fin 2022

 

La collecte, dans le même temps, ne faiblit pas. Elle atteint 1,4 milliards d’euros pour les stratégies dédiées aux marchés privés (dette privée, actifs réels et private equity), en hausse de 34% par rapport au troisième trimestre de l’année dernière.  Sur neuf mois, le bond s’élève à 62% à un montant collecté de 4,8 milliards d’euros, à comparer aux 3 milliards d’euros de la même période en 2021. Une progression notamment portée par le succès de la cinquième génération de la stratégie européenne de direct lending, qui a atteint sa taille finale de 3,3 milliards d’euros. Mais aussi par la poursuite de la forte dynamique des fonds immobiliers de Sofidy dédiés aux investisseurs particuliers, ou encore le lancement de la levée de fonds pour la troisième génération de fonds d’opportunités spéciales, particulièrement adaptée au contexte macroéconomique instable du moment.

Entre une collecte de capitaux qui ne ralentit pas et des stratégies d’investissements toujours efficaces, la croissance des actifs sous gestion reste une mécanique bien huilée. A court terme, Tikehau Capital se fixe pour objectif d'atteindre plus de 37 milliards d'euros d'encours pour son activité de gestion d'actifs à fin 2022, contre 36,4 milliards d’euros à la fin du troisième trimestre. "D’un point de vue structurel, les intentions d'allocation des investisseurs restent favorables aux classes d'actifs sur lesquelles Tikehau Capital est positionné", indique le spécialiste de la gestion d'actifs alternatifs. Jusqu’à atteindre les plus de 65 milliards d’euros visés d’ici 2026 ?

L’objectif est confirmé, mais il fait figure de défi. Cela impliquerait une augmentation des actifs sous gestion d’au moins 7 milliards d’euros par an, contre environ 5 milliards d'euros au cours des cinq derniers années. Comme le fait remarquer la banque Degroof Petercam, dans l’environnement actuel, cela apparaît "de plus en plus difficile ". Tikehau ne le dit pas comme ça mais concède que "d'un point de vue conjoncturel, les incertitudes liées au contexte macro-économique et géopolitique actuel pourraient générer des délais dans les décisions d'investissement de la part des clients-investisseurs institutionnel".

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