Asset, Management / Tikehau Capital / résultats semestriels / Antoine Flamarion
Asset, Management
Tikehau Capital / résultats semestriels / Antoine Flamarion
Tikehau trébuche mais devrait vite se relever
Même pour les mieux armés, les conséquences économiques de la pandémie mondiale de la Covid-19 n’ont pas été sans dégâts. Tel est par exemple le cas de Tikehau, qui se présentait solidement ancré sur ses deux pieds dans le chaos économique que l’on annonçait dès fin mars. Pourtant, le groupe de gestion d’actifs et d’investissement n’a pas pu éviter une perte nette au deuxième semestre de 240,9 millions d’euros. Ce chiffre s’explique par les activités d’investissement du groupe, qui affichent une perte de 290,3 millions d’euros sur la période. Ce sont 165,8 millions d’euros de coûts non courants liés à la gestion des risques, des coûts conjoncturels, qui abondent le déficit. Mais aussi des revenus de portefeuille en chute libre. Ainsi, si Tikehau avait réussi à obtenir 157,7 millions d’euros de son portefeuille au 30 juin 2019, il a perdu 77,2 millions d’euros avec celui-ci au 30 juin 2020. D’abord, les revenus à proprement parler (dividendes/coupons) ont diminué de 49 à 42 millions d’euros, Eurazeo, dont il est actionnaire, n’ayant par exemple pas distribué de dividendes. Ensuite, une variation de juste valeur fait diminuer la case comptable de 143 millions d’euros, ce même Eurazeo étant par exemple réévalué en baisse de 60 millions d’euros. Enfin, les cessions viennent corriger la somme avec un apport bénéfique de 23,8 millions d’euros. Ainsi, la jambe activités d’investissements de Tikehau a été fauchée par le coronavirus.
Ces activités d’investissement sont indéniablement celles qui se sont pris le pied dans le tapis et ont fait trébucher le groupe. Pour autant, la chute est à relativiser : les pertes des revenus de portefeuille ne sont pas figées et sont le reflet d'une photo prise à un moment donné. Or, les éléments d’actifs devraient voir leur valeur évoluer de nouveau. La blessure devrait donc guérir.
Sur la bonne route
Sa seconde jambe, l’activité de gestion d’actifs, reste, elle, solide sur ce semestre. Car le résultat de ces activités est de 28,6 millions d’euros sur ce semestre, contre 20,5 millions d’euros sur la même période l’année passée. Cette augmentation de 39,5 % sur un an trouve son origine dans "une forte croissance des commissions de gestion " et "une évolution maîtrisée des coûts" précise le groupe. Surtout, les encours de l’activité gestion d’actifs sont en croissance de 13,2 % sur un an (+2,8 milliards d’euros) et atteignent 24 milliards d’euros, portés par une collecte nette solide de 1,1 milliard d’euros. Mieux, parmi ces 24 milliards d’euros, les actifs sous gestion générateurs de revenus atteignent 20,3 milliards d’euros, soit une hausse de 17 % sur 12 mois. La jambe s’est donc bien musclée.
Sur ses deux jambes, les appuis de Tikehau sont solides. Fort d’un bon bilan avec des capitaux propres s’élevant à 2,8 milliards d’euros (3,1 milliards avant la crise), c’est vers le futur que le groupe se dirige. Antoine Flamarion remarque même que "le premier semestre de l’exercice 2020 a apporté de nouvelles preuves de la pertinence de la stratégie de développement de Tikehau Capital dans le domaine de la gestion d’actifs ". Les objectifs organiques visant 27,5 milliards d’euros d’actifs sous gestion ont été confirmés. Du côté purement rémunérateur, le taux de commissionnement moyen a continué à progresser à 0,94 % contre 0,92 % fin décembre 2020 et 0,84 % fin juin 2019. Enfin, puisque c’est le modèle économique vers lequel le plus grand nombre souhaite s’orienter, il faut noter que Tikehau Capital est en avance sur les notations ESG. Il a ainsi obtenu au cours des derniers mois le score le plus élevé concernant l’investissement responsable global et l’approche ESG de l’entreprise par l’UN PRI, Principe des Nations Unies pour l’investissement responsable.
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