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France / Défaillances d'entreprise
Défaillances d’entreprise : retour à la normale en 2023 pour la France ? /
Le soutien de l’Etat devrait limiter la casse
Après des années 2020 et 2021 marquées par des baisses massives par rapport à 2019 en raison des mesures de soutien de la puissance publique alors même qu’une crise économique faisait rage, elles sont bien orientées à la hausse. En France, les défaillances d’entreprise devraient croître de 46% cette année (41130 entreprises), puis de 29% l’an prochain (53.200), d’après une étude d'Allianz Trade.
Comparativement à la période précédant la crise pandémique, la hausse ne s’afficherait qu’à 3% : ainsi, plus qu’une explosion ou un "mur des faillites", c’est davantage à un retour à la normale que l’on assisterait.
Encore qu’il s’effectuerait dans un contexte on ne peut plus hostile et exceptionnel pour les entreprises françaises. En effet, ces dernières se doivent de composer avec une explosion des prix de l’énergie ainsi qu’une hausse significative des taux d’intérêt liée à l'augmentation de l'inflation.
"En excluant les microentreprises, on estime que la hausse du prix de l’énergie pourrait coûter 9 milliards d’euros à plus de 7000 entreprises appartenant aux 4 secteurs les plus exposés à la situation actuelle, que sont le papier, la métallurgie, les machines et équipements et l’industrie minière", expliquent les économistes de l’assureur-crédit. Du côté des conditions de financement, en 2023, une augmentation supplémentaire de 200 points de base des taux d'intérêt pourrait réduire les marges des entreprises hexagonales d’environ 3 points de pourcentage, indique Allianz Trade.
A l’image de son comportement à l’occasion de la crise pandémique, la puissance publique n’est pas restée les bras ballants. Pour éviter une potentielle annihilation du tissu productif liée à la crise énergétique, un bouclier tarifaire et des aides d’Etat se chiffrant à plusieurs dizaines de milliards d’euros ont été mis en place. Un soutien qui ne devrait pas être vain. Il permettrait à la hausse des défaillances d’entreprise d’être grevée de 13 points de pourcentage sur 2022 et 2023, avance l'étude (6.700 entreprises).
"Notre scénario de base est que les mesures de soutien étatiques ne feront que limiter le nombre des PME fragiles, sans objectif de réduction du nombre d'entreprises non viables mais avec des solutions au cas par cas pour les entreprises stratégiques/systémiques afin d'éviter l'effet domino sur les fournisseurs. La normalisation se poursuivrait ainsi, mais des mesures supplémentaires sont hautement probables si les défaillances devaient atteindre trop rapidement le nombre de 55 000", parient les économistes.
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