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Macro-économie / Taux / Fonds norvégien / Norvège / pétrole / gaz / Marchés financiers

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ukraine Malgré la chute des marchés, le fonds norvégien croît / Il peut remercier les hydrocarbures et les effets de change

UKRAINE. À l’image du premier semestre, le deuxième plus gros fonds souverain de la planète a enregistré un rendement négatif sur ses placements au cours de l’été à cause de la dégringolade des marchés financiers. Reste que sa valeur a augmenté grâce à la dépréciation de la couronne norvégienne et aux dizaines de milliards d'euros que lui reverse le gouvernement au titre de la rente pétrogazière qui affiche, elle, une santé insolente.
Plateforme pétrolière d'Equinor - Jorg MODROW/LAIF-REA
Plateforme pétrolière d'Equinor - Jorg MODROW/LAIF-REA

Ses plus de 1 000 milliards d’euros investis sur les marchés financiers n’ont su passer entre les gouttes.

Au troisième trimestre, le fonds norvégien a vu ses actifs financiers (11 657 milliards de couronnes norvégiennes soit 1 133,9 milliards d’euros) connaître une performance de -4,4 % (soit une baisse de 43,7 milliards d’euros). "Le troisième trimestre a été caractérisé par une hausse des taux d'intérêt, une inflation élevée et la guerre en Europe. Cela a également affecté les marchés. Le rendement a été négatif pour les actions, les titres à revenu fixe et les biens immobiliers non cotés", a commenté Trond Grande, directeur général adjoint du deuxième plus gros fonds souverain de la planète (derrière le fonds CIC de la Chine, d’après la plateforme spécialisée Global SWF).

Reste que malgré les piètres performances de l’ensemble de ces marchés, la dépréciation concomitante de la couronne norvégienne permet au fonds de voir sa valeur croître de 4,8 % sur le trimestre (54,4 milliards d’euros).

En effet, le fonds est investi intégralement hors de Norvège (aux États-unis et en zone euro pour les deux tiers) et sa monnaie s’est dépréciée de 8 % face au dollar au cours de l’été tandis qu’elle a perdu 3,1 % face à l’euro. Cet effet de valorisation représente un gain de 68,3 milliards d’euros sur le trimestre.

Par ailleurs, le fonds a pu compter sur la bonne forme des énergies carbonées.

Rappelons que faisant partie des plus gros pays pétrogaziers de la planète, la Norvège a décidé de créer ce fonds il y a plus de trente ans en l’alimentant grâce aux recettes perçues par l’Etat liées au titre de la rente énergétique. L'objectif ? Notamment de se doter de marges de manœuvre sur le plan budgétaire en cas de chute des prix des hydrocarbures ou de contraction de l'économie. C'est ainsi que le gouvernement a ponctionné près de 30 milliards d’euros pour affronter la pandémie en 2020.

A noter que la Norvège dispose elle aussi d'une "règle des 3 %" en matière de finances publiques, il s'agit de la part maximale de la valeur du fonds que le gouvernement peut prélever annuellement - ce chiffre représente le rendement annuel réel du fonds escompté sur longue période.

 

La manne pétrogazière explose

 

Cette année, le gouvernement norvégien n'a non pas pioché dans le fonds mais l'a richement doté (64,4 milliards d'euros depuis le début de l'année, dont la moitié au troisième trimestre). Il faut dire que 2022 est un cru exceptionnel pour la pétromonarchie.

En effet, les prix du gaz et du pétrole ont explosé à la faveur de l’invasion russe de l’Ukraine. Et du fait des retombées géopolitiques de ce conflit (l’Europe voulant se défaire de sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie), la Norvège est de plus en plus sollicitée par le Vieux continent et est devenue son premier fournisseur de gaz (25 % des importations européennes).  

L'argent des hydrocarbures va continuer de pleuvoir sur le fonds. Dans son projet de budget pour 2023, le ministère norvégien des finances a indiqué que les recettes pétrolières et gazières de l'année prochaine devraient atteindre le chiffre record de 134,2 milliards d'euros contre 113,8 milliards d'euros en 2022 et 28 milliards d'euros en 2021. D'après le Fonds monétaire international (FMI), l'Etat norvégien devrait engranger près de 430 milliards d'euros cumulés entre 2024 et 2027 grâce au pétrole et au gaz.

Près de 350 milliards d'euros nets ont été versés par l'Etat au fonds depuis sa création.

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