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Macro-économie / Taux / IGF / Inflation / grande distribution

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IGF / Inflation / grande distribution

La grande distribution mange son pain noir / Sa marge sur les produits alimentaires est de plus en plus ténue

Inflation oblige, la marge sur les produits alimentaires de la grande distribution se réduit comme peau de chagrin ces derniers mois. La faute à la hausse des prix des matières premières agricoles qui, selon l'Inspection générale des finances, aboutit aujourd’hui à ce que la grande distribution diminue sa marge brute pour près de la moitié de ses produits. De fait, l’excédent brut d'exploitation est en diminution de 16 % sur un an, la forte progression du prix des intrants n'étant aujourd'hui pas accompagnée d'une hausse similaire des prix de vente.
Grande distribution. Laurent GRANDGUILLOT/REA
Grande distribution. Laurent GRANDGUILLOT/REA

Difficile de faire plus clair que le constat de l'Inspection générale des finances (IGF), concernant la responsabilité de la grande distribution dans l'inflation alimentaire, cette dernière argue en effet que "la hausse des prix de vente s’explique essentiellement par celle des prix des matières premières agricoles". Un constat renforcé par des analyses qui montrent que "pour plus des deux tiers des produits", on observe que "l’augmentation des coûts de production de l’industrie agroalimentaire est significativement supérieure à l’évolution de sa marge brute".

 

Peau de chagrin

 

La situation est donc loin d'être au beau fixe pour la grande distribution, sur un segment très concurrentiel, alors que pour l'instant l’industrie agroalimentaire a comprimé ses marges et que la grande distribution n’a pas contribué à renchérir les prix à la consommation des produits alimentaires. La cheffe du Service de l'IGF, Catherine Sueur, estime même que la mission menée par ses équipes montre que "la contraction de l’EBE de l’industrie agroalimentaire contribuerait, à elle seule, à réduire la hausse des prix finaux à la consommation des biens alimentaires de 1,3 %".

La situation des consommateurs finaux est donc d'autant plus précaire que le secteur privé a déjà significativement rogné dans ses marges sur ce type de produit et que l'IGF est assez pessimiste concernant une amélioration de la conjoncture. Le rapport publié parle ainsi de "plusieurs facteurs qui pourraient contribuer à maintenir les prix des produits alimentaires à des niveaux élevés en 2023". Notamment, il s'appuie sur "les prévisions macroéconomiques et anticipations de marché [qui nldr] convergent vers des niveaux d’inflation significativement supérieurs à 4 % et parfois proches de 5 %" et sur un "probable maintien des prix des matières premières agricoles à des niveaux élevés en 2023, la flambée des prix de l’énergie et les possibles difficultés à produire pour l’industrie agroalimentaire ", qui risquent ainsi "d’alimenter les tensions sur les prix des produits alimentaires".

 


Passager clandestin

 

Le constat est plutôt agréable aux oreilles d'un secteur qui a parfois été accusé de "faire son beurre" sur le dos des Français. Néanmoins, comme les équipes de l'IGF le rappellent, le rapport publié ne distingue en rien les bons et les mauvais élèves et n'empêche en aucun cas ces derniers de profiter des pratiques vertueuses des autres. Il est ainsi bien précisé que "l’analyse ne distingue pas marques premiers prix, marques nationales et marques de distributeurs qui ont fait l’objet de négociations tarifaires différentes et qui présentent des trajectoires de prix différenciées" et, de la même façon il ne faut pas oublier que "la stratégie commerciale des enseignes de grande distribution, dont le modèle d’affaires est "multi-produits", repose sur une péréquation entre prix des produits vendus. Une baisse des marges sur certains produits (y.c sur les produits étudiés) peut être compensée par une hausse sur d’autres y compris non alimentaires (produits d’hygiène, de maquillage)".

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