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Macro-économie / Taux / Chine / Banque centrale / covid-19 / croissance

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La Banque centrale chinoise continue de lâcher du lest / Le zero-covid fait des dégâts, aussi elle diminue le ratio des réserves obligatoires

Alors que l’Empire du Milieu continue d’entraver son économie en luttant contre la pandémie, sa Banque centrale a annoncé une baisse de 25 points de base du ratio des réserves obligatoires que doivent respecter les institutions financières, libérant ainsi plusieurs centaines de milliards de yuans pour soutenir l’activité.
Yi Gang, gouverneur de la Banque populaire de Chine - DIMITRIOS MANIS/ZUMA/REA
Yi Gang, gouverneur de la Banque populaire de Chine - DIMITRIOS MANIS/ZUMA/REA

L’histoire se répète : comme au printemps, la Chine connaît une vague de covid-19 qui induit des mesures de restrictions et, comme au printemps, la Banque centrale monte au créneau. La Banque populaire de Chine (PBoC) a annoncé une baisse de 0,25 point de pourcentage du ratio des réserves obligatoires (RRR) que se doivent de respecter les institutions financières. Pour rappel, il s’agit du rapport entre certains de leurs passifs, essentiellement les dépôts des clients, et ce qu’elles doivent déposer auprès de la Banque centrale – ces réserves constituent ainsi un filet de sécurité. C’est ainsi qu’après cette réduction, le ratio moyen pondéré des réserves obligatoires des institutions financières est d'environ 7,8 %, a fait savoir la PBoC.

Une manœuvre que la Banque centrale dit avoir effectuée en vue de "maintenir des liquidités raisonnables et suffisantes, promouvoir une baisse constante des coûts de financement globaux, de mettre en œuvre un ensemble de mesures politiques pour stabiliser l'économie et consolider les bases d'une stabilisation économique et d'une croissance à la hausse". Cela devrait libérer 500 milliards de yuans (67 milliards d’euros) de liquidités que les banques pourront prêter, d'après les estimations d'Iris Pang, cheffe économiste chez ING.

Il faut dire que l’activité économique chinoise est en grande difficulté (pour la première fois depuis le printemps elle se serait contractée en octobre) tandis que le gouvernement resserre les mesures prophylactiques. Le nombre de cas de Covid quotidien dans le pays a dépassé les 30.000 cette semaine, un niveau record depuis le début de la pandémie en 2020.

Environ cinquante villes chinoises sont soumises à une forme quelconque de restrictions de mouvement au niveau du district ou à grande échelle, selon les données compilées par les analystes de la banque Nomura. Economiquement, un cinquième du Produit intérieur brut (PIB) serait ainsi touché, expliquent-ils.

Dans ce contexte, il n'est pas certain que la mesure de la PBoC démontre son efficacité. "Toutes choses égales par ailleurs, la liquidité libérée par la réduction du RRR fera baisser les taux interbancaires pour toutes les banques. Mais nous ne pensons pas que cela stimulera de nouveaux emprunts. Le système est déjà inondé de liquidités parce que la demande de crédit est très faible", juge Mark Williams, chef économiste au sein de Capital Economics. En cause ? La constante incertitude à laquelle sont confrontés ménages et entreprises. "La croissance du crédit ne reprendra pas tant que les ménages et les entreprises n'auront pas davantage confiance dans les perspectives", selon Mark Williams.

Depuis 2018, l’institution de Pékin a réduit à treize reprises le RRR (il se situait à 15% il y a 4 ans), ce qui a permis de libérer 10.800 milliards de yuans (1.450 milliards d’euros) de liquidités dans l'économie, a déclaré Yi Gang, gouverneur de la PBOC.

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