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Entreprises / Actions / Engie / Electrabel / Catherine MacGregor / inframarginale / Commission des Provisions Nucléaires / Synatom

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Engie / Electrabel / Catherine MacGregor / inframarginale / Commission des Provisions Nucléaires / Synatom

La facture du nucléaire belge s’alourdit encore pour Engie / Mais l’impact de la taxe sur les surprofits sera sans surprise

Sans surprise, la taxe sur les surprofits des entreprises énergétiques pèsera sur les comptes d’Engie, mais dans des proportions déjà anticipées. Le démantèlement du nucléaire belge coûtera en revanche beaucoup plus cher que prévu.
Siège social ENGIE - Laurent GRANDGUILLOT/REA
Siège social ENGIE - Laurent GRANDGUILLOT/REA

Les mauvaises nouvelles sont mieux accueillies lorsqu’elles sont anticipées. Les principaux impacts financiers annoncés mardi par Engie des mesures de plafonnement de sa rente "inframarginale" dans plusieurs pays européens seront indolores sur ses prévisions 2022. Le dispositif, élaboré au niveau européen, vise à remédier à la hausse des prix de l’énergie. Comprendre : taxer davantage les surprofits des énergéticiens. Les Etats prélèveront les recettes des producteurs d'électricité générées par la vente d'électricité au-delà d’un certain prix du méga-wattheure, en fonction des conditions de rentabilité de chaque technologie de production.

Pour ce qui est des pays dans lesquels Engie est présent (France et Belgique essentiellement, et aussi l’Italie), le coût des mesures sera "compris entre 0,7 et 0,9 milliard d'euros en 2022 et entre 1,2 et 1,5 milliard d'euros en 2023", a indiqué l'entreprise. Le groupe attend ainsi toujours pour cette année à résultat net récurrent (part du groupe) situé dans une fourchette de 4,9 à 5,5 milliards d’euros et un résultat opérationnel (Ebit) compris entre 8,5 à 9,5 milliards d’euros.

 

Surcoût de 3,3 milliards d'euros

 

En revanche, la dernière révision triennale des provisions nucléaires belges annoncée mercredi par Engie passe mal, tant auprès du groupe énergétique dirigé par Catherine MacGregor que des investisseurs, comme en témoigne la chute de plus de 6% de son cours de Bourse.

La facture du démantèlement des centrales nucléaires belges et la gestion de l’aval du cycle du combustible usé sera plus élevée que prévu. La Commission des Provisions Nucléaires (CPN) belge a décidé d’augmenter le montant des provisions consacrées à la sortie du nucléaire belge de 3,3 milliards d’euros, répartie de la façon suivante : 2,9 milliards d’euros de provisions portées par Synatom, la filiale d’Engie spécialisée dans le cycle du combustible nucléaire en Belgique, et 0,4 milliard pour celles portées par Electrabel, sa filiale de production d'électricité du plat pays. Par comparaison, l'augmentation des provisions proposée par Engie était de 0,9 milliard d'euros.

Le processus s’inscrit dans le cadre de la loi belge du 11 avril 2003, qui attribue à Synatom la gestion de ces provisions. Celles-ci sont constituées de manière à couvrir aussi bien la mise à l’arrêt définitif et le démantèlement des centrales nucléaires que la gestion du combustible jusqu’à son transfert définitif vers l’Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (ONDRAF).

Ce n’est pas la première fois qu’Engie doit réévaluer leur montant, révisé tous les trois ans par les autorités belges. Il est plus rare en revanche, qu’Engie conteste les décisions de la CPN. La précédente révision opérée en 2019, qui avait abouti à augmentation des provisions de 2,1 milliards d’euros, totalement anticipée, n’avait donné lieu à aucune controverse.

 

Complet désaccord

 

Cette fois-ci en revanche, Engie est en désaccord complet sur les arguments de la CPN. Celle-ci a d’une part abaissé le taux d’actualisation des provisions pour l’aval du cycle du combustible usé de 3,25 % à 3%. Sachant que plus le taux est bas, plus la somme à mettre de côté pour obtenir, à terme, le montant nécessaire au démantèlement, est élevé. La CPN a aussi revu à la hausse les coûts d’exploitation et des travaux durant la période de mise à l’arrêt définitif et pris en compte de nouvelles hypothèses de coûts, notamment en ce qui concerne le conditionnement des déchets des centrales.

De son côté, Engie "estime que la plupart de ces risques ont d’ores et déjà été pris en compte dans le dossier détaillé préparé par ses filiales Synatom et Electrabel". L’entreprise considère également qu’ "une baisse du taux d’actualisation des provisions pour l’aval du cycle du combustible usé n’est pas justifiée dans le contexte actuel de hausse des taux".

Ce n’est peut-être pas la moindre des incohérences alors que la Belgique ne cesse de repousser sa sortie du nucléaire. Initialement prévue en 2015, lors du vote de la loi de 2003, la fermeture de l’ensemble du parc nucléaire belge, qui appartient à Engie, avait ensuite été décalée à 2025. Le contexte de la guerre en Ukraine a encore changé la donné au début de cette année, où, face à la flambée des prix de l'énergie due à l'invasion russe, le gouvernement belge a décidé de repousser une nouvelle fois l’échéance de dix ans, souhaitant prolonger la durée de vie des deux réacteurs les plus récents jusqu'à 2035. Il doit pour cela obtenir l’accord d’Engie. "Bien qu’ayant pris du retard, les discussions avec le gouvernement belge se poursuivent", a indiqué le groupe le mois dernier, en marge de la publication de ses résultats trimestriels.

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