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Entreprises / Actions / Engie / Catherine MacGregor / tribune / série d'hiver

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Engie / Catherine MacGregor / tribune / série d'hiver

exclusif L'année 2022 vue par... Catherine MacGregor, directrice générale d'Engie

EXCLUSIF. WanSquare a demandé à des économistes et des dirigeants de grandes entreprises de livrer leur vision pour 2022 après une année 2021 marquée par la reprise mais aussi par les tensions inflationnistes. Chaque jour nous publions leurs réponses aux questions que vous vous posez. Une série à lire et à conserver précieusement.

Quels ont été les principaux enseignements de l'année ?

Je crois n’avoir jamais vu dans ma vie professionnelle une telle année de bouleversements dans le monde de l’énergie. Ce bouillonnement va se prolonger sur plusieurs années car l’énergie est au cœur des grands choix politiques et du vivre-ensemble de nos sociétés.

Commençons par la partie positive : plus personne ne nie que, partout sur la planète, nous devons nous engager dans la transition climatique. Tous les gouvernements, aiguillonnés par les jeunes générations, les ONG et des acteurs comme nous, sont engagés dans cette voie. On abandonne le charbon, comme nous le faisons chez Engie : d’ici 2027, nous n’en utiliserons plus dans nos opérations.

Cette transition énergétique va mobiliser des moyens considérables. L’énergie en est un enjeu structurant, au service de la décarbonation de nos économies. Et notre secteur lui-même doit se transformer, par exemple pour "verdir" le gaz, vecteur essentiel.

Mais ce bouillonnement, dans la reprise post-Covid, est marqué par une flambée des prix, inédite depuis un demi-siècle qui a des conséquences économiques et sociales.  

Ceci nous rappelle l’importance cruciale de réconcilier ces deux enjeux majeurs : nous devons atteindre un mix énergétique décarboné mais qui doit rester abordable et accessible à tous.

Comment jugez-vous l'action des pouvoirs publics et de l'UE au cours de cette période ?

Je me réjouis que les enjeux de transition énergétique soient les piliers des plans de relance, en France, comme au niveau européen ou aux Etats-Unis. C’est une formidable accélération.   

Les pouvoirs publics ont une tâche très difficile. Ils doivent répondre à des enjeux de court terme et assumer les défis du long terme.

D’un côté, ils doivent trouver les réponses aux angoisses immédiates de pouvoir d’achat – les hausses des prix du chauffage ou de l’électricité touchent avant tout les catégories sociales les moins favorisées.

Et en parallèle, la transition énergétique demande aux politiques de faire dès aujourd’hui les choix qui vont engager nos pays pour des décennies. Le tout dans un contexte où le débat politique est polarisé : on le voit sur les énergies renouvelables ou le nucléaire, et chacun se souvient du mouvement des Gilets jaunes.

Dans ce paysage, j’ai un vrai regret : que l’Europe n’arrive pas – pas encore ? -  à se mettre d’accord pour définir des orientations politiques communes en matière énergétique. Il est triste de voir les pays prendre des décisions en ordre dispersé, parfois contradictoires, alors que nous sommes dépendants des uns des autres et que nous devons affronter les mêmes défis, géostratégiques ou technologiques, pour assurer notre approvisionnement en électricité.

La période a-t-elle transformé à long terme les rapports avec vos parties prenantes ? 

Engie a une approche spécifique de ses parties prenantes appuyée sur son histoire longue.

C’est d’abord un dialogue social soutenu et transparent. Certains y voient un frein pour agir. Je mesure au contraire à quel point cela nous permet, une fois que nous avons pris le temps de ce dialogue, parfois "sportif", de mettre en œuvre notre stratégie avec efficacité. C’est ainsi que nous avons fait les grands mouvements d’Engie en 2021. Qu’il s’agisse de l’évolution de notre organisation, plus industrielle, plus concentrée sur l’opérationnel. Ou du processus de cession d’Equans où l’implication inédite des partenaires sociaux dans le dialogue avec les candidats repreneurs contribue à la qualité du projet final et à son acceptabilité.

Engie, c’est aussi une insertion dans les territoires qui nous a permis de devenir le premier acteur des énergies renouvelables en France. Nous sommes dans une démarche d’écoute et de dialogue avec les parties prenantes qui nous aident à co-construire des projets. Partout où nous le pouvons, nous impliquons les autorités locales et les populations. Je prends ma part dans ces échanges comme je le fais avec les Vendéens pour notre projet au large de Noirmoutier.

Et dans nos parties prenantes, je n’oublie pas les investisseurs avec qui j’ai un dialogue constant et riche. Leurs questions nous aident à avancer et à accélérer dans l’exécution de notre stratégie de croissance. Je constate avec plaisir qu’ils comprennent de mieux en mieux qu’Engie tient ses engagements. Et qu’Engie sait où il veut aller !

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