Macro-économie / Taux / BCE / salaires / Inflation / pouvoir d'achat
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« Très forte » hausse des salaires en vue pour la zone euro / Face à l’inflation, la BCE anticipe un phénomène de rattrapage
La hausse des salaires en zone euro devrait être "très forte" dans l'année à venir, dépassant les tendances historiques et rattrapant partiellement l'inflation débridée depuis 2021, indique la BCE dans un article publié lundi dans son bulletin économique mensuel. Cette augmentation "reflète des marchés du travail robustes qui, jusqu'à présent, n'ont pas été substantiellement affectés par le ralentissement de l'économie, les augmentations des salaires minimums nationaux et un certain rattrapage entre les salaires et les taux d'inflation élevés", précisent les auteurs de la note d’analyse.
En fin d’année dernière, la hausse annuelle des prix à la consommation est certes retombée sous la barre symbolique des 10 % en zone euro après un an et demi de hausse ininterrompue. Toutefois, le travail de sape des prix sur les salaires fait qu'à ce jour "les salaires réels se situent à des niveaux beaucoup plus faibles qu'en 2019", avant la pandémie de Covid-19, expliquent les économistes. Au deuxième trimestre 2022, le taux d’évolution annuel réel des salaires s’affichait péniblement à -5,2 %.
Alors même que le chômage en zone euro connaît un niveau historiquement bas, à 6,5 % en novembre, ce constat pourrait inciter les syndicats "à demander des augmentations de salaire plus importantes lors des prochains cycles de négociation, en particulier dans les secteurs où les salaires sont les plus bas", soulignent également les auteurs du rapport. Les salaires bruts en zone euro devraient avoir augmenté de 4,5 % en 2022 et devraient effectivement progresser de 5,2 % cette année, selon les dernières prévisions de la BCE.
Faut-il craindre une spirale "salaires-prix" ?
La tournure des évènements ne semble pas inquiéter outre mesure les économistes. Le 22 décembre dernier, Luis de Guindos, vice-président de la BCE, dans un entretien accordé au Monde expliquait s'attendre à un rattrapage "normal" de l'inflation, mais excluait "pour le moment" une spirale "salaires-prix" qui serait néfaste pour ramener l'inflation à 2 %, la cible de la BCE.
Au-delà du court terme, le ralentissement économique attendu dans la zone euro et l'incertitude quant aux perspectives économiques, sur fond de guerre en Ukraine, de crise énergétique ou encore de nouvelle flambée épidémique en Chine, sont susceptibles d'exercer une pression à la baisse sur la croissance des salaires.
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