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Banques / Emmanuel Goldstein / Morgan Stanley / Jean-Baptiste Charlet

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Emmanuel Goldstein / Morgan Stanley / Jean-Baptiste Charlet

Morgan Stanley France a plus que doublé de taille depuis le Brexit / Les effectifs des activités de marchés continuent à croître rapidement

Le bureau français de Morgan Stanley a été derrière plusieurs opérations marquantes de fusions-acquisitions dans l’Hexagone l’an dernier, malgré un marché du financement qui s'est fortement tendu au deuxième trimestre. Sous la houlette de leur directeur général, Emmanuel Goldstein, les équipes parisiennes de la banque ont nettement dépassé les 300 collaborateurs, profitant d’une amplification de l’effet Brexit.
Emmanuel Goldstein, le directeur général de Morgan Stanley France - Mark Davies
Emmanuel Goldstein, le directeur général de Morgan Stanley France - Mark Davies

La chute du marché des fusions-acquisitions n’a pas ralenti la montée en puissance de la branche française de Morgan Stanley en 2022. Ni empêché la banque d’affaires américaine de conseiller plusieurs belles opérations dans l’Hexagone. Au moment de faire le bilan d’une année qui n’a pas vu de grandes manœuvres telles qu’observées dans le passé comme la naissance d’un Stellantis ou la fusion Veolia-Suez, "EDF est certainement l’une des opérations les plus marquantes dans lesquelles nous étions impliquées ", explique à WanSquare Emmanuel Goldstein, le directeur général de Morgan Stanley France.

Le rachat des parts des minoritaires (17% du capital) de l'opérateur historique d’électricité par l’Etat pour quelque 9,7 milliards d’euros est en cours. L’offre publique s’est terminée le 22 décembre et l’épilogue de ce dossier majeur est attendu en 2023, si tant est que le retrait de la Bourse ne soit pas retardé par les recours lancés par certains actionnaires minoritaires.

D’une manière générale, "les opérations ont été de taille plus petite, et il y en a eu moins sur la deuxième partie de de l’année du fait que le financement du private equity s’est tari ", poursuit le patron de Morgan Stanley en France.

Parmi les plus emblématiques de ces opérations ayant tout de même atteint des tailles respectables : la cession des activités réfractaires du spécialistes des minéraux industriels Imerys au fonds américain Platinum Equity. "La vente est intervenue juste avant l’été, alors que le marché du financement commençait à entrer dans la crise", indique de son côté Jean-Baptiste Charlet, co-responsable de la banque d’investissement de Morgan Stanley en France. La banque était également à la manœuvre derrière la vente de Vivacy, le laboratoire de Waldemar Kita spécialisé dans le botox et l’acide hyaluronique, à Bridgepoint.

 

Flight to quality

 

Ces deux opérations d’un montant voisin de 900 millions d’euros ont failli toutefois se trouver largement dépassées par un deal d’une toute autre envergure. Car si la société américaine Amgen a finalement annoncé en décembre le rachat de la biotech irlandaise Horizon Therapeutics - conseillée par Morgan Stanley - pour 27,8 milliards de dollars, soit 26,1 milliards d’euros, "nous avons été à deux doigts de voir une opération à près de 30 milliards lancée par un groupe français", remarque Jean-Baptiste Charlet, alors que Sanofi s’est également intéressé de près au dossier. Ce qui peut s’expliquer par un "flight to quality" sur le secteur de la santé, pour lequel "il continue à y avoir beaucoup d’opérations et à des valorisations soutenues", explique le responsable. 

Le même raisonnement peut d’ailleurs s’appliquer à la tech. Dans ce secteur (de la tech), "2022 aura été sur un rythme d’à peu près 650 milliards de dollars de transactions à l’échelle mondiale, ce qui n’est pas très loin de là où l’on se trouvait en 2021", observe-t-il.

Pour conduire ses dossiers, l’équipe Advisory de Morgan Stanley en France s’est nettement étoffée depuis deux ans. Avec quatorze managing directors sur le terrain, "nous sommes la plus grosse plate-forme internationale à Paris", souligne Jean-Baptiste Chalet. Les effectifs de l’Advisory atteignent désormais près de 80 personnes, soit à peu près le double de ce qu’ils étaient il y a cinq ans. "Le mouvement était déjà largement entamé, mais le domaine dans lequel les effectifs ont cru le plus vite récemment est celui du 'Sales and trading' qui regroupe les activités de marché", précise le dirigeant. 

 

Masse critique

 

En particulier, Morgan Stanley a créé en début d’année dernière un centre mondial de recherche appliquée pour les activités de marché, le but étant de répondre à l’intérêt croissant des clients pour les stratégies quantitatives. Annoncé il y a tout juste un an, ce centre "quant" est opérationnel depuis avril dernier. L’objectif était initialement de recruter une cinquantaine de collaborateurs de haut niveau en mathématiques et en sciences quantitatives, polytechniciens notamment. "Au vu des talents rencontrés lors des recrutements, le siège de la banque à New York a décidé de porter l’objectif à 100, donc nous continuons à recruter ", indique Emmanuel Goldstein.

En parallèle, " nous sommes en train de faire venir une masse critique de traders à Paris", une notion de taille essentielle à ce métier où le regroupement des équipes au même endroit est primordial afin qu’elles puissent échanger. Le nombre précis n’a pas été défini, mais "le mouvement est lancé, c’est un changement complet et irréversible".

Provoqué par l’entrée en vigueur du Brexit au début de 2021, qui a conduit à dupliquer un certain nombre de fonctions en dehors de la City de Londres, le mouvement est loin d’être achevé. Depuis lors, la franchise française ajoute petit à petit de nouvelles briques à ses compétences " pour assurer la continuité de la création de valeur et donner un meilleur service à nos clients". Cet exercice d’optimisation de ses activités en France, auquel la banque d’affaires se livre depuis 18 mois, va être poursuivi, créant nombre de nouvelles opportunités de carrière qui n’existaient pas auparavant, y compris pour des Français travaillant depuis longtemps au sein de l’établissement et qui faisaient carrière à l’étranger. "Il s’agit véritablement d’un mouvement extrêmement vertueux à tous les points de vue", souligne à cet égard le patron de Morgan Stanley France.

Au total, alors que les bureaux de la rue Monceau regroupent aujourd’hui 330 collaborateurs, plus du double d’il y a deux ans, "nous dépasserons les 500 assez confortablement d’ici 18 à 24 mois", assure Emmanuel Goldstein.

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