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Fusions, Acquisitions / Morgan Stanley / Emmanuel Goldstein / Jean-Baptiste Charlet

Fusions, Acquisitions
Morgan Stanley / Emmanuel Goldstein / Jean-Baptiste Charlet

Morgan Stanley a retrouvé son rang dans le M & A français / Les choses pourraient vite s'accélérer en 2024

Dans un marché des fusions et acquisitions encore fortement ralenti, Morgan Stanley est parvenue à tirer son épingle du jeu en 2023, regagnant plusieurs places au classement du M & A français. Pour la banque dirigée par Emmanuel Goldstein, qui a conseillé la plupart des principaux deals de l’année écoulée, le scénario d’une reprise en 2024 ne relève par ailleurs pas de l’utopie.
Emmanuel Goldstein, le CEO de Morgan Stanley France - Mark_Davies
Emmanuel Goldstein, le CEO de Morgan Stanley France - Mark_Davies

Dans un marché des fusions et acquisitions au point mort, les équipes parisiennes de Morgan Stanley ont fait bien mieux que résister en 2023. Tandis que le montant total des opérations impliquant des entreprises françaises a chuté de 20 % sur l’année qui s’achève, selon les données préliminaires que vient de dévoiler LSEG, la branche française de la banque américaine a nettement progressé dans le classement de la "League table" française où elle avait chuté en 2022.

Elle est en effet passée de la dixième place en 2022 à une quatrième place plus conforme à son statut en 2023 (elle était cinquième en 2021), avec un total d’opérations de 20,9 milliards de dollars, à comparer aux 17 milliards de dollars de l’année précédente. Et encore, le classement ne prend-il en compte que les opérations aux montants officiellement dévoilés, ce qui n’est pas le cas, par exemple, de l’acquisition bouclée en septembre de l’agence de talents américaine CAA par Artemis, la holding de la famille Pinault, pour un montant qui se serait élevé à 7 milliards de dollars, selon les chiffres qui ont circulé selon différentes sources. Morgan Stanley était dans ce deal le conseiller financier du vendeur, la société d’investissement américaine TPG.

 

La plus grande opération de l’année

 

Si le nombre officiel de 24 opérations réalisées par Morgan Stanley France pourrait sembler assez réduit, le fait est que "le marché est inhabituellement calme. Il y a en temps normal une cinquantaine d’opérations à plus d’un milliard d’euros", à comparer à 35 cette année " tout au plus", a observé Jean-Baptiste Charlet, Co-Head of Investment Banking chez Morgan Stanley France lors d’une récente rencontre avec des journalistes. Alors que les montants sont généralement assez bien répartis sur une échelle de un à dix milliards d’euros, "cette année le gros du marché se situe entre 1 à 2,5 milliards d’euros, avec à peine cinq opérations à plus de 3 milliards", a-t-il ajouté.

Le point à souligner dans ce contexte est que Morgan Stanley France a travaillé sur la plupart des grandes opérations de l’année écoulée. En particulier la plus grande : le rachat de Bolloré Logistics par le groupe maritime CMA CGM pour 5 milliards d’euros. A côté de cette opération franco-française, la banque de la rue de Monceau a aussi conseillé Thales pour l’acquisition du leader américain de la cybersécurité Imperva soit la plus importante opération de croissance externe du groupe de défense français depuis le rachat de Gemalto. Et aussi l’une des rares grandes opérations transfrontalières. "Le monde s’est rétréci, faire des transactions vers la Chine ou le Moyen-Orient est devenu compliqué, sans parler de la Russie. A cette aune, nos clients regardent vers le monde occidental, c’est-à-dire l’Europe et les États-Unis.", a expliqué de son côté Emmanuel Goldstein, le CEO de Morgan Stanley France.

Pêle-mêle, la banque a aussi été partie prenante (côté vendeur) du rachat de la marque australienne de cosmétique de luxe Aēsop par L’Oréal. "Nous avons également œuvré à une opération très intéressante sur un plan stratégique, pas encore finalisée, qui est l’acquisition annoncée cet été par Carrefour des supermarchés et hypermarchés du groupe français de distribution Louis Delhaize ", a poursuivi Jean-Baptiste Charlet. Opération qui "a d’ailleurs participé à l’accélération de la consolidation à laquelle on assiste aujourd’hui dans la grande distribution", a-t-il souligné.

 

Des deals plus complexes

 

Parmi les autres deals conseillés par Morgan Stanley France figure l’acquisition du groupe français de conseil en transformation numérique Scalian par Wendel, ou encore celle des actifs pétroliers gabonais de Carlyle par la compagnie Maurel & Prom. Egalement, "nous avons participé à des opérations plus petites, mais souvent plus complexes ou structurées, à l’image du rapprochement entre Elior et Derichebourg au printemps", a précisé Jean-Baptiste Charlet. La transaction ayant abouti à la montée de Derichebourg au capital d’Elior parallèlement à l’apport de l’activité Derichebourg Multiservices.

Après cette année 2023 que l’on qualifiera de transition et sans aucun doute difficile pour tous les opérateurs de marché, l’espoir d’une reprise du marché des fusions et acquisitions en 2024 est permis. Non seulement grâce à la perspective d’une baisse des taux directeurs des banques centrales. Mais aussi parce qu’"en réalité, le capital et les liquidités sont là. Un certain nombre de fonds de crédit ont effectué des levées importantes et sont prêts à financer des opérations de grande taille. Les fonds de dettes tels que les CLO ("collateralized loan obligation funds") sont pleins, et les marchés obligataires, bien que volatils, recèlent aussi des liquidités", a expliqué Jean-Baptiste Charlet. Il ne manque ainsi selon lui qu’"une seule chose : la confiance". Et dès l’instant où celle-ci va revenir, "les opérations vont repartir et cela pourrait s’accélérer assez vite", a abondé Emmanuel Goldstein.

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