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Forum de Davos / perspectives / risques
Forum de Davos : la crise du coût de la vie inquiète les élites / À plus long terme, c’est la crise climatique qui préoccupe le plus
Alors que s’ouvre aujourd’hui la 53ème édition du Forum économique mondial à Davos, qui réunit une trentaine de chefs d’État et de gouvernements du monde entier – Emmanuel Macron ne devrait pas faire le déplacement – aux côtés de 600 P.-D.G. des plus grandes multinationales et des dirigeants des grandes organisations internationales, l'heure n'est pas aux réjouissances.
La crise du coût de la vie, les catastrophes naturelles et les évènements climatiques extrêmes ainsi que de potentielles nouvelles confrontations géopolitiques et économiques constituent les risques dominants des deux prochaines années, selon les 1 200 experts, responsables économiques et politiques sondés par McLennan, Zurich Insurance et le Forum économique mondial. Au cours de la prochaine décennie, ce sont les risques environnementaux qui monopolisent le podium, face auxquels nous serions les moins préparés, prévient le rapport.
"Une décennie à venir incertaine, unique et turbulente"
Le panorama ainsi dressé ne laisse pas beaucoup de place à l'optimisme. "Les effets économiques du Covid-19 et de la guerre en Ukraine ont conduit à une flambée de l’inflation, une normalisation rapide des politiques monétaires et au début d’une ère de faible croissance et de faible investissement", indiquent les auteurs du rapport sur les risques mondiaux. Avant d’ajouter que "la fragmentation de l’économie mondiale, les tensions géopolitiques et les restructurations plus importantes pourraient contribuer à un surendettement généralisé au cours des dix prochaines années".
Bien que les experts s’accordent sur la nécessité pour les États d’intervenir afin de protéger les populations des crises actuelles, ils exhortent également à ne surtout pas perdre de vue les objectifs de plus long terme en matière de climat, d’environnement et de biodiversité au risque d’accélérer plus encore l’effondrement de notre écosystème. "La seule bonne réponse face à ces crises, c’est d’investir pour adapter nos économies au changement climatique", rappelle Bruno Leguet, directeur de l’Institut de l’économie pour le climat.
Entre présent et futur, l’équation apparaît complexe et suggère une meilleure coordination. Or, dans le même temps, le rapport souligne également que les confrontations entre États, essentiellement économiques, sont "en train de devenir la norme", la multiplication des guerres économiques ne semblant pas de nature à pérenniser l’établissement d’actions communes.
Les "polycrises"
Popularisé par l’historien Adam Tooze, professeur à l’université de Columbia, le terme "polycrise", repris par les auteurs du rapport sur les risques mondiaux, semble particulièrement bien adapté pour caractériser la situation actuelle où plusieurs crises, actuelles ou potentielles, interagissent en se neutralisant ou, plus inquiétant, en se renforçant mutuellement. "Les chocs simultanés, les risques profondément liés et l'érosion de la résilience donnent lieu à un risque de polycrises, où des crises disparates interagissent de sorte que les conséquences globales dépassent largement la somme de chaque crise", résume le rapport.
Conséquence, ce constat provoque une inquiétude grandissante des décideurs du monde entier mais aussi un pessimisme désormais bien installé. Ainsi, à deux ans, plus de 80 % des personnes interrogées dans le cadre de l'enquête ont une vision négative de l'avenir. À un horizon de 10 ans, encore un peu plus de la moitié des personnes interrogées font état de perspectives négatives et uniquement une personne sur cinq prédit une stabilité relative.
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