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concurrence; protectionnisme; intérêts communs

Macro-économie / Taux / transition énergétique / Kadri Simson / Forum de Davos

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Forum de Davos : la transition énergétique ne passera pas par le repli sur soi / Les pays émergents devront être aidés pour la réaliser

La marche vers la transition énergétique s’accompagne d’une course à l’armement technologique, une ambition et des montants déboursés qui stimulent l’innovation. Cependant le forum de Davos a vu plusieurs personnalités de premier plan affirmer l’importance de ne pas opposer les intérêts nationaux et celui de l’ensemble de la planète.
Table ronde lors du sommet de Davos. DR
Table ronde lors du sommet de Davos. DR

Réduire ses propres émissions de gaz à effet de serre est vain lorsque ces dernières progressent partout ailleurs. C’est le constat sur lequel se sont accordés les participants d’une table ronde à Davos, sobrement intitulée "l’énergie au cœur de la rivalité". Meghan O’Sullivan, professeure à Harvard, a ainsi rappelé que "88 % des émissions futures seront émises en dehors des États-Unis " et que ce n’était pas pour autant qu’il fallait que les décideurs politiques américains s’en désintéressent.

Bien au contraire, elle a martelé que "les pays émergents devaient être assistés pour effectuer cette transition [énergétique]". Une rhétorique partagée par Hardeep Singh Puri, ministre indien du logement et des affaires urbaines et ministre du pétrole et du gaz naturel, qui juge que "face à tous les nouveaux challenges, nous devons faire preuve de pragmatisme". Les pays les moins à même d’effectuer leur transition énergétique le sont en grande partie pour des raisons de financements et de technologies non disponibles. Il a également été rappelé qu’il faut rester raisonnable, sur la possibilité d’un horizon proche excluant totalement le carbone.

 

Utopie

 

Un constat partagé par Kadri Simson, commissaire européen à l’Énergie, et qui est également valable à ses yeux pour le Vieux continent. Il est en effet question que "même dans le cas où nous atteignons la neutralité climatique, il nous faudra encore un peu d’hydrogène vert supplémentaire. Que nous ne sommes pas capables de produire nous-même". Les pays avancés auront donc toujours ce besoin de nouer des partenariats concernant l’énergie ou bien les minerais critiques, indispensable au bon fonctionnement de leur mix énergétique.

Sur le sujet de la vitesse de la transition, il faut également être réaliste pour les différents panélistes ; l’ensemble de la planète ne pourra pas s’aligner sur la vitesse de croisière européenne ou américaine, faute de moyens financiers et législatifs suffisants pour mener à bien ces combats aussi rapidement. Hardeep Singh Puri rappelant les défis de son pays, qui verra sa "consommation [d’énergie] augmenter trois fois plus vite que la moyenne mondiale" durant les prochaines années.

 

Pas de retour

 

Il n’est pour autant pas question d’avoir quitté une dépendance pour une autre, que la transition énergétique soit achevée ou pas. Kadri Simson s’est montrée ferme sur le sujet, jugeant que "si nous mettons fin à cette dépendance très dangereuse à l’égard des combustibles russes, nous ne voulons pas finir par dépendre d’un seul fournisseur". Surmonter ces défis impliquera donc des relations équilibrées entre partenaires, et Meghan O’Sullivan a expliqué que les différentes mesures locales pour développer les technologies ne doivent pas uniquement être vues avec " inquiétudes puisque considéré comme du protectionnisme ".

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