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JPMorgan / Morgan Stanley / Wells Fargo / bank of america / Citigroup / Banques / Jamie Dimon

Les grandes banques américaines ont sans doute mangé leur pain blanc / Elles ont profité de la hausse des taux et se préparent à la récession

Les plus grandes banques américaines ont profité de la hausse des taux d’intérêt au quatrième trimestre. Elles ont bien conscience cependant que cette hausse des taux d'intérêt est susceptible d’entraîner les États-Unis dans la récession cette année, même si elles commencent à peine à en ressentir les effets.
Les résultats de JPMorgan ont profité de la hausse des taux d'intérêt au 4ème trimestre 2022 - Michael NAGLE/REDUX-REA
Les résultats de JPMorgan ont profité de la hausse des taux d'intérêt au 4ème trimestre 2022 - Michael NAGLE/REDUX-REA

C’était attendu. Les résultats du quatrième trimestre des grandes banques américaines doivent beaucoup aux taux d’intérêt. Leur hausse a entraîné une augmentation considérable des revenus des prêts. Selon leurs résultats publiés vendredi, les revenus nets d'intérêts de JPMorgan Chase, la banque la plus importante du pays, ont bondi de 48 % par rapport à l'année précédente, ceux de Wells Fargo de 45%, ceux de Bank of America de 29% et ceux de Citigroup de 23%. Un bond généralisé qui a permis de compenser le recul des activités de banque d'investissement qui ont elles souffert de cette même hausse des taux.

Ainsi, le produit net bancaire de JP Morgan Chase a augmenté de 18% sur les trois derniers mois de 2022 pour atteindre 34,55 milliards de dollars, la hausse des taux d'intérêt ayant entraîné un boom de ses activités de prêt. Dans le même temps, celui de sa dauphine au classement, Bank of America s’est accru de 10,9%, à 24,5 milliards de dollars, contre 22,1 milliards de dollars un an plus tôt.

 

3 milliards de dollars de provisions

 

Le tableau est en revanche plus contrasté en matière de bénéfices. Une fois encore, JPMorgan Chase s’est distingué en annonçant que son bénéfice du quatrième trimestre avait augmenté de 6% tandis que Bank of America a vu le sien progresser de 2 %. En revanche, Citigroup et Wells Fargo ont vu leur résultat net chuter 21% et de 50% respectivement, dépassant néanmoins les attentes de Wall Street.

Citigroup a dégagé un bénéfice net de 2,5 milliards de dollars, soit 1,16 dollar par action, au dernier trimestre de l'année, contre 3,2 milliards de dollars, ou 1,46 dollar par action, l'an dernier à la même période. De son côté, Wells Fargo a vu son bénéfice net reculer à 2,86 milliards de dollars au quatrième trimestre, soit 67 cents, à comparer à 5,75 milliards de dollars, ou 1,38 dollar par action, un an auparavant.

Car si les prêts sont devenus plus rentables et les consommateurs ont continué à dépenser avec leurs cartes de crédit, les plus grandes banques américaines se protègent contre l'éventualité d'une récession. Elles ont ainsi collectivement mis de côté près de 3 milliards de dollars au cours des trois derniers mois de 2022 pour couvrir les pertes potentielles sur prêts, dont quasiment la moitié pour JPMorgan Chase, qui a passé une provision de 1,4 milliard de dollar. De son côté Citigroup, a augmenté ses réserves de 640 millions de dollars, tandis que Wells Fargo et Bank of America ont chacune mis de côté environ 400 millions de dollars.

"Nous ne connaissons toujours pas l'effet final de vents contraires tels que la guerre en Ukraine, le resserrement monétaire et l'inflation élevée", a déclaré Jamie Dimon, le directeur général de JPMorgan Chase, cité dans un communiqué. "Il peut s'agir d'une récession légère. Il se peut que ce ne soit pas le cas", a-t-il précisé lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

 

Un tournant dans le cycle

 

De nombreux économistes s'attendent à ce que les États-Unis entrent en récession cette année sous l’effet du durcissement de la politique monétaire de la Fed. Celle-ci a relevé ses taux à sept reprises en 2022, ce qui a déjà considérablement ralenti le marché immobilier, qui y est particulièrement sensible. Chez Wells Fargo, autrefois le plus grand prêteur hypothécaire des États-Unis, les montages ont chuté à environ 15 milliards de dollars, contre 48 milliards de dollars l'année précédente. Charlie Scharf, le PDG de Wells Fargo, a estimé que 2022 avait marqué "un tournant dans le cycle économique".

Après JPMorgan Chase, Wells Fargo, Bank of America et Citigroup vendredi, ce sera mardi au tour de Morgan Stanley et Goldman Sachs de dévoiler leurs comptes trimestriels. Cette dernière a déjà fait parler d’elle la semaine dernière en annonçant la suppression de 3 200 emplois, la branche de banque d’investissement devant être principalement impactée du fait de la baisse des transactions. De plus, la banque a revu vendredi la perte avant impôts relative à sa filiale nouvellement créée de solutions financières à 1,2 milliard de dollars pour les neuf premiers mois de l'année 2022. Elle a par ailleurs indiqué qu’elle présenterait mardi ses comptes selon un nouveau format, en trois segments d'activité, contre quatre auparavant.

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