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AIE / Fatih Birol / Davos / transition énergétique
Davos : une transition énergétique loin de sa vitesse de croisière / La sécurité énergétique pousse les États à presser le pas
"L'action climatique la plus importante". Fatih Birol s'est fait le chantre de l'Inflation Reduction Act (IRA), plan budgétaire de décarbonation de plusieurs centaines de milliards de dollars voté par les Etats-Unis, lors du forum de Davos. C'est un directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) débordant d'optimisme qui a expliqué que l'invasion russe de l'Ukraine avait à la fois déclenché la "première crise énergétique mondiale" depuis longtemps et conduit à un changement fondamental dans les motivations de la transition énergétique.
À ses yeux, on observe que "le principal moteur de la croissance des énergies renouvelables aujourd'hui est la sécurité énergétique" et non plus uniquement des questions philanthropiques ou morales. Il parle de cette crise comme ayant "donné un sérieux coup de pouce au développement de l'énergie propre".
Passer la seconde
Un propos qui a été tempéré par Martin Wolf, éditorialiste au Financial Times, qui estime quant à lui que "nous avons besoin d'une accélération massive de la transformation par rapport à la situation actuelle." A ses yeux, cela "nécessitera un changement radical de politique, des incitations sérieuses, une réduction des risques sérieux de l'investissement dans le monde entier " et non pas uniquement dans les pays avancés.
Ces derniers sont certes pionniers en termes de transition mais ils ne pourront pas tout faire tout seul. Ainsi, si l'Europe est responsable de près de 10 % des émissions de carbone à travers la planète, quels que soient les efforts dont pourra se prévaloir le Vieux continent, ils ne pourront donc suffire à eux seuls à rendre efficiente la transition énergétique.
Transition bicéphale
L’Europe n’en est pas pour autant écartée et ne doit pas se reposer sur ses lauriers, notamment en raison du grave déficit actuel de financement de la transition et des ressources financières du continent. Fatih Birol argue que "pour chaque dollar investi dans les énergies fossiles, 1,5 dollar l’est dans le renouvelable. Pour atteindre l'objectif de l’accord de Paris cela devrait être plutôt 1 pour 9 dollars. "
C’est là où le rôle des économies avancées devient primordial puisque le coût du capital y est bien inférieur à celui des pays en développement. Le directeur de l’AIE a mis en exergue deux raisons principales qui doivent pousser ces pays à soutenir les énergies propres à travers la planète ; il estime d’une part que les effets de la pollution sont indiscriminés et d’autre part que les pays avancés sont responsables d’une grande partie de la pollution passée. C’est donc à la fois des raisons morales et empiriques qui devraient presser ces pays à s’investir à bras-le-corps.
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