Macro-économie / Taux / AIE / Fatih Birol / transition énergétique
Macro-économie / Taux
AIE / Fatih Birol / transition énergétique
Quand électrification va de pair avec sobriété énergétique / L’AIE voit des effets tangibles derrière l’explosion des ventes de véhicules électriques
"Une transformation historique de l’industrie automobile mondiale". Voilà comment Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a caractérisé l’explosion des ventes de véhicules électriques ces derniers mois. Le rapport annuel de l’AIE sur le sujet parle d’un secteur "en pleine mutation, ce qui a des répercussions sur le secteur de l’énergie ", qui devrait voir la consommation de pétrole diminuer de 5 millions de barils par jour d’ici 2030. Il faut dire qu’il y est indiqué que "les ventes mondiales de voitures électriques devraient atteindre un nouveau record cette année, portant leur part du marché automobile global à près d’un cinquième".
Marche forcée
Les ambitions toujours plus grandes pour la transition énergétique se traduisent de fait déjà par des actes ; les données rapportées font état de "plus de 10 millions de voitures électriques [qui] ont été vendues dans le monde en 2022 ". Une tendance qui devrait continuer avec des ventes attendues en hausse de 35 % en 2023, pour un chiffre de 14 millions d’opérations sur l’année.
Une hausse qui devrait permettre aux voitures électriques de représenter 18 % du marché automobile global dès cette année. Un mouvement qui ne fait que commencer, puisqu’il est question que ce ne soit "que la première vague : les bus et les camions électriques suivront bientôt ". Une dynamique à même de bénéficier des programmes politiques "ambitieux dans les grandes économies, tels que le paquet "Fit for 55" dans l’Union européenne et la loi sur la réduction de l’inflation aux États-Unis ". Depuis août 2022, l’AIE dénombre déjà 52 milliards de dollars d’investissements dans les chaînes d’approvisionnement des véhicules électriques en Amérique du Nord.
Les émergents ne prennent pas le virage
La forte dynamique sur l’électrique a cependant du mal à prendre sur l’ensemble du globe avec une "écrasante majorité des ventes de voitures électriques [qui] se concentre sur trois marchés : la Chine, l’Europe et les États-Unis". De quoi faire dire à l’AIE que d’ici 2030, la part moyenne des voitures électriques "dans les ventes totales en Chine, dans l’Union européenne et aux États-Unis devrait atteindre environ 60 %".
Les investissements associés permettent aujourd’hui aux équipes de Fatih Birol d’assurer que les "projets de fabrication de batteries annoncés seraient plus que suffisants pour répondre à la demande de véhicules électriques jusqu’en 2030 ". Si certains États semblent avoir pris des mesures à la hauteur de leurs ambitions, les émergents ont encore beaucoup à faire. La part des voitures électriques dans les ventes totales n’est passée qu’à "3 % en Thaïlande et à 1,5 % en Inde et en Indonésie " et ce malgré les progrès des derniers mois.
Il faudra donc compter sur "une combinaison de politiques efficaces et d’investissements du secteur privé " pour améliorer la situation. Qui pointent déjà le bout de leur nez en Inde où "le programme d’incitation gouvernemental de 3,2 milliards de dollars, qui a attiré des investissements d’une valeur de 8,3 milliards de dollars, devrait accroître considérablement la fabrication de batteries et le déploiement des véhicules électriques dans les années à venir ".
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