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pays en développement; tripler

Macro-économie / Taux / AIE / Fatih Birol / investissements verts

Macro-économie / Taux
AIE / Fatih Birol / investissements verts

Les accords de Paris doivent davantage être pris au sérieux / Leurs objectifs nécessitent de passer la seconde en terme d'investissements

Les investissements dans les énergies propres sont encore loin d’être suffisants pour atteindre les objectifs climatiques définis dans l’accord de Paris. C’est le constat commun de l’Agence internationale de l’énergie et de la Société financière internationale. Les deux institutions s’inquiètent des trop faibles montants investis pour le moment et parlent de sommes annuelles devant tripler d’ici le début de la prochaine décennie.
Éoliennes sur le continent africain. RODGER BOSCH / AFP
Éoliennes sur le continent africain. RODGER BOSCH / AFP

"Les besoins d’investissement dépassent largement les capacités du seul financement public, ce qui rend urgente l’augmentation rapide d’un financement privé beaucoup plus important pour les projets d’énergie propre dans les économies émergentes et en développement". L’heure d’un amorçage des financements verts par la puissance publique est révolue pour Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Cette dernière ne saurait fournir seule les montants nécessaires pour répondre à des besoins énergétiques en augmentation continue qui respectent les accords de Paris.

 

Le coût de la transition

 

Il faut dire que les montants sont conséquents voire vertigineux. Les chiffres du tout récent rapport de l’AIE et de la Société financière internationale (SFI) parlent d’investissements annuels "dans les énergies propres dans les économies émergentes et en développement [qui] devront plus que tripler, passant de 770 milliards de dollars en 2022 à pas moins de 2 800 milliards de dollars d’ici le début des années 2030 ".

Pour y parvenir, le rapport estime que "les deux tiers du financement des projets d’énergie propre dans les économies émergentes et en développement (en dehors de la Chine) devront provenir du secteur privé". Une bascule qui n’exclut pas pour autant les pouvoirs publics de l’équation notamment pour rassurer les investisseurs de la pérennité de leurs investissements.

 

Dichotomie

 

Un autre combat mené par Fatih Birol est qu’aucun pays ne soit laissé-pour-compte alors que "le monde de l’énergie évolue rapidement".  Il a rappelé que "l’investissement est la clé qui leur permettra de bénéficier de la nouvelle économie mondiale de l’énergie qui émerge rapidement". Ces pays qui sont nombreux parmi les économies émergentes auraient aujourd’hui besoin à plus d’un titre d’une "augmentation rapide d’un financement privé beaucoup plus important pour les projets d’énergie propre".

Makhtar Diop, directeur général de la SFI, a rejoint ces propos en arguant que "la bataille contre le changement climatique sera gagnée dans les économies émergentes et en développement où le potentiel des énergies propres est important mais où le niveau d’investissement est bien inférieur à ce qu’il devrait être". Une des pistes explorées pour y parvenir se trouve être liée à l’émission d’obligations vertes, sociales, durables et liées à la durabilité. Un choix qui nécessiterait cependant " que des lignes directrices sectorielles, des taxonomies harmonisées et une certification robuste par des tiers soient développées".

Des possibilités techniques qui n’éludent pas le cœur du problème pour de nombreux États : "la nécessité de réformes politiques dans les économies émergentes et en développement". Telle une bouée jetée à la mer, une longue liste de propositions ressort du rapport : "les subventions aux combustibles fossiles, les longues procédures d’octroi de licences, les droits d’utilisation des terres peu clairs, les restrictions à la propriété privée ou étrangère et les politiques de tarification inappropriées".

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