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Les investissements verts tiennent leur rang chez les TPE et PME / Mais les craintes liées à la demande ont pris le pas sur le recrutement
La grisaille hivernale a déteint sur les perspectives d’investissement des TPE et PME françaises. Car si la moitié des dirigeants interrogés par le dernier baromètre trimestriel de Bpifrance Le Lab et Rexecode affirme avoir prévu d’investir sur les douze mois à venir, la proportion s’affiche en léger recul par rapport aux trois derniers mois de 2024. Et marque un coup d’arrêt encore plus important sur un an, passant de 56 % au premier trimestre de 2023 à 51 % douze mois plus tard. Cela s’observe aussi dans la manière dont les dirigeants ont prévu de déployer les montants d’investissement. Résultat : le solde d’opinion relatif à ces derniers a chuté de 7 points au premier trimestre de 2024 et de 10 points sur un an. A - 14, il atterrit bien en deçà de sa moyenne observée avant la crise sanitaire, qui s’affichait quant à elle à +7.
Mais puisqu’une mauvaise nouvelle peut parfois en cacher une bonne, la raison environnementale fait figure d’irréductible motif d’investissement. Déjà, elle arrive en troisième place du podium des destinations des investissements. Invoqué par 47 % des répondants ayant prévu d’investir, l’environnement (économie d’énergie, recyclage…), dépasse ainsi l’introduction de nouveaux produits et services, ou encore l’extension de la capacité de production, de vente et d’accueil.
Ne plus se faire surprendre
D’autant plus que d’année en année, la destination environnementale ne faiblit pas dans les intentions d’investissements des dirigeants de TPE et PME. Elle a progressé de 4 points par rapport à la fin de l’année 2023, de 13 points en comparaison à 2022 et de plus de 20 points par rapport à la moyenne de 2017 à 2019. "C’est un bon signe puisque les perspectives d’investissement sont en repli. Cela indique que ce n’est pas seulement un effet post-crise énergétique", commente Sabrina El Kasmi, responsable du pôle Macroéconomie et conjoncture de Bpifrance, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.
De fait, alors que la flambée des prix de l’énergie avait surpris les dirigeants, la vigilance est désormais de mise. Une manière d’anticiper de futurs coûts et de préserver une croissance qui fait toujours face à de nombreuses contraintes. Car les perspectives de demande se dégradent. Elles sont d’ailleurs désormais le deuxième handicap à la croissance à être le plus cité, par 45 % des dirigeants plus exactement. Soit une hausse de huit points sur un an et de deux points sur le trimestre. Le manque actuel de débouchés gagne également deux points par rapport au trimestre précédent.
Ce faisant, la part des TPE et PME ayant cité un frein relatif à la demande actuelle et future atteint 50 % et positionne ce facteur comme la première des préoccupations des dirigeants. Même devant les difficultés de recrutement : une première depuis 2017. "Les difficultés de recrutement n’ont pas disparu, il n’y a pas de justification du côté de l’offre de travail permettant d’expliciter l’atténuation des craintes liées à ce sujet. L’explication se situe bien du côté de la demande. Le niveau d’incertitude est élevé, avec notamment des carnets de commandes qui se tassent", abonde Philippe Mutricy, directeur de l’évaluation des études et de la prospective de Bpifrance.
La désinflation est intégrée
La part des dirigeants ayant prévu d’augmenter leurs prix a d’ailleurs franchement reculé depuis l’année dernière. De 58 % en 2022, elle est passée à 50 % en 2023 et retombe à 36 % en 2024. Mais il s’agit en fait plutôt d’un indicateur de désinflation : "Les prix ont déjà nettement augmenté ces dernières années", relève Sabrina El Kasmi. L’augmentation moyenne des prix anticipée pour 2024, prenant en compte les dirigeants qui n’ont pas prévu de hausses de leurs prix de vente est en net ralentissement : + 1,2 %, contre 2,5 % prévus en 2023. "C’est un message positif, l’on peut espérer que la cible d’inflation fixée par les Banques centrales pour l’Europe et la France sera atteinte", ajoute Philippe Mutricy.
La part des dirigeants ayant prévu d’augmenter les salaires de leurs collaborateurs s’affiche, elle aussi, en baisse (de 72 % en 2023 à 64 % en 2024). Mais reste bien supérieure aux prévisions de hausses des prix. D’ailleurs, près de la moitié des dirigeants anticipe une croissance des rémunérations de leurs salariés supérieure à celle de leurs prix de vente en 2024. Un contexte qui pousse 42 % des TPE et PME à prévoir une réduction de leur marge nette pour 2024. Mais quelques messages positifs restent à retenir, avec une trésorerie et un accès au crédit qui s’améliorent légèrement et ayant, du moins, cessé de se dégrader. "Ce sont des fondamentaux très importants et c’est d’ailleurs mieux que chez certains de nos voisins européens", pointe Philippe Mutricy.
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