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Bpifrance Le Lab / Rexecode / baromètre / décarbonation / investissements verts / rentabilité
La décarbonation n’est pas encore prioritaire pour les TPE et PME françaises / Enclines à réaliser des investissements verts, la perte de rentabilité les inquiète
Bonnes élèves en matière de sobriété énergétique, les TPE et PME françaises peinent encore à préciser leurs stratégies de décarbonation. En effet, près de la moitié des dirigeants interrogés sur la seconde moitié du mois d’octobre par Bpifrance Le Lab et Rexecode ont déclaré avoir réduit leur consommation d’énergie et ceci grâce à des mesures de sobriété énergétique. Et parmi les 52 % de dirigeants à avoir déployé (ou prévu) des investissements d’ici la fin de l’année, 43 % les réaliseront pour motif environnemental. Soit 22 % de l’échantillon.
Cette propension aux investissements verts tranche néanmoins avec un autre sujet environnemental : celui des stratégies de décarbonation. Car si près de neuf TPE et PME sur dix sont bien au fait de ce qu’est un bilan carbone, seules 5 % d’entre elles ont indiqué en avoir d’ores et déjà réalisé un. Pour la suite, 60 % des dirigeants ne comptent d’ailleurs pas le faire prochainement. Pour autant, la décarbonation n’est pas rayée de leur champ de vision. Un quart des dirigeants a tout de même l’intention de réaliser un investissement ou une action de décarbonation au cours des trois prochaines années. L’objectif principal sera le changement de parc automobile, suivi de près par les actions de formation et de sensibilisation des collaborateurs.
Difficile d’accepter une perte de rentabilité
La raison de ce moindre attrait pour les stratégies de décarbonation, aux yeux des TPE et PME françaises, apparaît claire : il s’agit d’une question financière. En effet, 76 % des dirigeants s’estimant concernés par la réalisation d’investissement de décarbonation ne restent pas prêts à accepter une perte de rentabilité pour le faire. Une problématique qui concerne plus généralement 57 % des répondants au baromètre trimestriel de Bpifrance et Rexecode. De fait, dans l’ensemble, 45 % des dirigeants de PME et TPE citent une augmentation des coûts non répercutée dans les prix comme principal obstacle à la réalisation d’investissements ou d’actions de décarbonation, tandis que les difficultés de financement et l’absence de reconnaissance de valeur additionnelle des actions de décarbonation ressortent également.
Il faut dire que les PME et TPE rencontrent quelques difficultés économiques. En globalité, au quatrième trimestre 2023, les investissements (ou intentions d’en réaliser) se sont affichés en baisse par rapport au trimestre précédent - bien qu’en hausse sur un an. "La dernière note de conjoncture de l’Insee indique que l’investissement des entreprises pourrait légèrement fléchir en cette fin d’année en raison du renchérissement du capital", précise d’ailleurs l’étude de la banque publique d’investissement et de l’institut d’études économiques.
Près des trois quarts des dirigeants ayant l’intention d’investir cette année, ou l’ayant déjà fait, auront par ailleurs recours au crédit pour le faire. Soit dix points de moins par rapport à la moyenne pré-Covid. À l’inverse, parmi eux, la proportion des dirigeants ayant signalé des difficultés dans leur requête auprès des établissements de crédit a quant à elle nettement progressé en comparaison à la période précédant la crise sanitaire. Elle s’affichait alors à 16 %. Désormais, elle atteint 21 %. Il s’agit de son plus haut niveau depuis le lancement de l’enquête en 2017, observe cette dernière.
Des mesures d’accompagnement à disposition
S’agissant des investissements verts dans leur ensemble, les dirigeants de PME et TPE pourront en tout cas s’appuyer sur le soutien de Bpifrance pour les préciser et les organiser. D’une part, les petites entreprises et moyennes (mais aussi les petites ETI) peuvent par exemple bénéficier du Diag Décarbon’Action. Financé en partie par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), il permet à une entreprise d’être accompagnée dans la mesure de ses émissions de gaz à effet de serre et de définir un plan d’actions pour les réduire. Les plus petites des structures faisant partie de la chaîne de production d’un grand groupe pourront aussi, dans certains cas, compter sur ce dernier. C’est par exemple le cas pour les TPE et PME françaises sous-traitantes et fournisseuses d’Engie, qui a proposé à 1 000 d’entre elles d’être accompagnées par la banque publique d’investissement française au travers du mécanisme Diag Décarbon’Action.
Enfin, et à l’occasion de la présentation du projet de loi Industrie verte en mai dernier, Bpifrance avait annoncé de nouvelles mesures pour soutenir la décarbonation du tissu productif français. Et notamment pour le secteur de l’industrie, mais qui servira aussi aux entreprises souhaitant enclencher leur décarbonation (indépendamment de leur taille ou de leur secteur d’activité). Au programme, entre autres : visites en porte-à-porte pour convaincre les PME et ETI hésitantes sur le dispositif Diag Décarbon’Action, déploiement de subventions France Nation Verte toujours en partenariat avec l’Ademe pour soutenir les premières dépenses liées à la transition, garantie verte de fonds propres, prêts verts et lancement de deux fonds dédiés à la transition énergétique et écologique.
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