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Macro-économie / Taux / Davos / Politique monétaire / taux d'intérêt

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Davos / Politique monétaire / taux d'intérêt

Davos : la nouvelle donne monétaire n’inquiète guère / Le financement de l’innovation ne s’en trouverait pas affecté

Depuis que l’argent recommence à avoir un coût du fait de la normalisation, voire le resserrement, des politiques monétaires de par le monde, des craintes ont émergé concernant le financement de l’économie. A l’occasion du Forum économique de Davos, elles ont été relativisées.
Forum économique de Davos - Chen Wenxian/XINHUA-REA/XINHUA-R
Forum économique de Davos - Chen Wenxian/XINHUA-REA/XINHUA-R

L’année 2022 marque un changement de régime par bien des aspects. Si les marchés financiers ne devaient en retenir qu’un, ce serait probablement le fort relèvement des taux d’intérêt. Une hausse des coûts de financement que les Banques centrales ont amorcée en réponse à l’envolée de l’inflation. "Nous ramènerons l’inflation à 2% d’ici la fin 2024, fin 2025 […] et nous n’avons pas encore remporté la victoire. Aussi, nous continuerons à monter les taux d’intérêt et ils devraient atteindre leur niveau ‘terminal’ d’ici l’été", a déclaré François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, à l’occasion d’une table ronde organisée par le Forum économique de Davos.    

Les taux d’intérêt nominaux sans risque en Europe se sont ainsi mis à évoluer au plus haut depuis une décennie et le constat est le même aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Les marchés actions n’y ont pas été indifférents, notamment les valeurs technologiques, qui avaient vu leur valorisation exploser durant les années précédentes. "Entre 80 et 85% de la perte de capitalisation boursière s’explique par les changements qui sont advenus en matière de taux d’intérêt", a affirmé Roelof Botha, managing partner chez Sequoia Capital, société de capital-risque, présent à la table ronde.

De fait, "quand les taux d’intérêt sont très bas, la valeur actuelle des bénéfices réalisés dans le futur est très élevée, il est donc cohérent qu’un dégonflement des valorisations ait été observé compte tenu de ce nouvel environnement", a indiqué Adena Friedman, présidente-directrice générale du Nasdaq, également invitée du Forum de Davos. "Désormais, l’argent coûte, les investisseurs se devront donc d’être plus sélectifs vis-à-vis de ce qu’ils financent", a-t-elle ajouté.

Pour autant, cela n’implique pas que le marché des IPO va connaître une croissance poussive dans les années à venir, ce qui pèserait sur les entreprises novatrices à qui il arrive de recourir à ce type de financement. "Nous avons pu constater lors des décennies passées qu’une vive augmentation des introductions en Bourse chaque année a été de pair avec des taux d’intérêt élevés, je pense ici aux années 90 où ces derniers atteignaient 5%", a fait valoir la P.-D.G.. Et Roelof Botha de déclarer que "nous avons investi dans Apple en 1978, les taux étaient à 8%, nous avons investi dans Cisco en 1987 à la suite du ‘lundi noir’, les taux étaient à 8%, nous avons investi dans Google et Paypal en 1999, les taux étaient entre 5 et 6%".

Normalisation monétaire et financement de l'innovation ne seraient alors pas incompatibles, un point sur lequel François Villeroy de Galhau a voulu insister. "L’on fait souvent le reproche aux banquiers centraux de tuer l’innovation en relevant les taux d’intérêt, en ce sens qu’elle serait le pur produit de conditions de financement extrêmement accommodantes", a témoigné le grand argentier, or, il a jugé " qu’il n’y a pas de lien : l’innovation est le fruit des nouvelles idées qui émergent et de la disruption technologique". Une opinion validée par l'expérience de terrain de Roelof Botha. "L'une des premières questions que je pose à un entrepreneur est 'quelle fut votre source d'inspiration ?'. En vingt ans, aucun d'entre eux ne m'a rétorqué 'les taux d'intérêt sont bas'", a déclaré le managing partner, provoquant les rires de l'assistance.

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