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L’inflation menace les équipementiers automobiles / Répercuter leurs coûts risque d’être plus difficile en 2023 qu’en 2022
La confiance dans la capacité des grandes entreprises à résister durablement à une inflation élevée commencerait-t-elle à s’effriter ? Il semble certains secteurs d’activité ne présentent pas toutes les garanties pour continuer à y faire face sans encombre. Alors que la saison des résultats débute à peine, la distribution spécialisée montre déjà qu’elle n’est pas totalement immunisée depuis l’avertissement lancé la semaine dernière par Fnac Darty, qui est pour l’instant isolé, mais le secteur automobile suscite lui aussi certaines interrogations s’agissant des équipementiers.
"Lors de nos discussions avec les équipementiers, nous avons perçu un excès de confiance dans leur capacité à répercuter une inflation des coûts supérieurs à la normale", remarque ainsi Jefferies dans une étude. Alors que les constructeurs automobiles, à l’image de l’américain Tesla tout récemment, tendent à réduire leurs prix de vente afin de soutenir la demande, leurs fournisseurs ne peuvent pas jouer sur les deux tableaux des volumes et des prix, estime la banque américaine.
C’est une question de point de vue. Les équipementiers semblent principalement se soucier de l’incertitude entourant les volumes et assez peu de leur capacité à répercuter l’inflation de leurs coûts. Or, "nous sommes davantage préoccupés par la compensation de l’inflation des salaires et de l'énergie", explique Jefferies.
La dynamique a changé
D’un côté, la banque argue que les ventes automobiles en Europe et dans la zone de libre-échange Alena (États-Unis, Canada et Mexique) qui sont inférieures d’environ 20% depuis trois ans à la moyenne avant-Covid, couplées à des niveaux de stocks inférieurs à la normale, devraient limiter la baisse de la production de véhicules légers. Un avis qui va dans le sens des prévisions du cabinet S&P Global Mobility (ex-IHS Markit), qui table sur une croissance de 3,6% de la production mondiale de véhicules légers cette année, à 85 millions d’unités.
De l’autre, elle prévoit des négociations "plus difficiles sur l'inflation des coûts cette année par rapport à 2022", du fait que "l'environnement du marché a considérablement changé" entre-temps. Pour Jefferies, la confiance affichée par les équipementiers "ne tient pas compte de la nouvelle dynamique du marché", marquée par des taux d'intérêt élevés, la baisse des prix des véhicules d'occasion, la dégradation de la confiance des consommateurs ainsi qu’un plus grand recours aux promotions de la part des constructeurs.
Ce risque pesant sur les bénéfices des fournisseurs incite donc Jefferies à se montrer "prudent à l'égard [de ceux] dont la conversion du cash-flow libre est faible et le levier financier élevé". Suivant ces critères, les équipementiers français Faurecia - qui vient tout juste de boucler le refinancement du prêt relais émis pour l'acquisition de son concurrent allemand Hella - et Valeo ne sont pas les mieux lotis à ses yeux, la banque tablant pour les deux entreprises sur un résultat opérationnel inférieur de 14% au consensus en 2023.
Elle est plus optimiste en revanche concernant Michelin. "Nous sommes un peu plus constructifs sur les pneus par rapport au reste du marché et nous apprécions Michelin en raison de sa discipline en matière de prix", indique-t-elle.
Michelin, Faurecia et Valeo, et Michelin publieront leurs résultats annuels 2022 le 13, le 20 et le 23 et février respectivement. Mais ce seront les résultats du premier trimestre qui serviront de "catalyseur clé pour connaître l'issue des négociations sur les prix" entre les constructeurs et leurs équipementiers, prévient Jefferies.
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