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EDF : une OPA sans fin ? / L’opération ne pourra être bouclée avant plusieurs mois

Le seuil de 90% franchi par l’Etat au capital d’EDF n’est pas encore synonyme de succès garanti de l’OPA de la puissance publique sur le groupe énergétique français. Et de toutes façons, sa finalisation ne peut plus intervenir avant le milieu du printemps.
Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances et Luc Remont, PDG d'EDF - Eric TSCHAEN/REA
Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances et Luc Remont, PDG d'EDF - Eric TSCHAEN/REA

Dans un plan qui se serait déroulé sans accroc, le dépassement annoncé il y a quelques jours par l’Etat du seuil des 90% du capital d’EDF aurait dû signifier la fin de tout suspense sur son offre publique d’achat (OPA) visant l’opérateur historique d’électricité.

Or ce n’est pas le cas. En théorie pourtant, dès lors que l’initiateur d’une OPA réussit à acquérir 90% de sa cible, il peut lancer une offre publique de retrait (OPR) pour la retirer de la Bourse. Ce que prévoyait très explicitement le projet déposé en octobre dernier auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF), dans lequel la puissance publique proposait de racheter au prix de 12 euros par action les 16% du capital social d’EDF qu’elle ne détenait pas pour la somme de 9,7 milliards d’euros.

Seulement voilà, si l’OPA de l’Etat visant la renationalisation à 100% d’EDF est dite "simplifiée" du fait que l’initiateur est déjà actionnaire majoritaire de l’entreprise, elle est largement compliquée depuis plusieurs semaines par l’action menée devant les tribunaux par des actionnaires minoritaires, notamment salariés ou anciens salariés, mécontents du prix qui leur est offert.

Alors qu’elle devait initialement se conclure le 22 décembre, l’offre de rachat ouverte fin novembre par l’Etat, s’est vue début décembre prorogée sine die par l’AMF "dans l'attente de la décision de la cour d'appel de Paris sur la demande de sursis". Ladite demande de sursis avait été déposée en complément d’un recours des actionnaires minoritaires contestataires contre la décision de conformité donnée par l’AMF sur le projet d’OPA. Recours déposé le 2 décembre par les conseils de surveillance des fonds d’actionnariat salarié du groupe EDF et l’ADAM, l’association des actionnaires minoritaires présidée par Colette Neuville, ainsi que l’association d’actionnaires salariés et anciens salariés "Energie en actions".

Précisément, la demande de sursis à exécution visait à empêcher l’Etat de pouvoir lancer une offre de retrait obligatoire s’il atteignait le seuil de 90 % du capital avant la décision de la Cour d’Appel de Paris sur le recours. Ainsi, "l’Etat ne pourra pas rapidement procéder à la mise en œuvre du retrait obligatoire sur les actions EDF" et "devra attendre l’arrêt de la Cour d’appel de Paris, qui pourrait annuler ou réformer la décision de conformité de l’Autorité des marchés financiers", a rappelé dimanche l’association Energies en actions.

L'audience pour examiner ce sursis est prévue le 25 janvier, ce mercredi, tandis qu’une autre audience est ensuite prévue au fond, le 23 mars, à la chambre de la régulation économique et financière de la Cour d'appel. Ces échéances juridiques risquent inévitablement de retarder la mission du nouveau PDG, Luc Rémont, chargé de redresser l’entreprise et de mener à bien les nouveaux chantiers du nucléaire. Même si la décision rendue est favorable à l’Etat, la finalisation de l’opération par la voie d’une OPR suivie d’un retrait obligatoire (RO) pour sortir définitivement EDF de la Bourse n’interviendra pas avant avril, dans le meilleur des cas.

Cela n’empêche pas en tout cas le groupe de poursuivre son programme de refinancement sur le marché obligataire. EDF a annoncé en fin de semaine dernière le succès de son émission d’obligations senior multi-tranches pour un montant nominal de 2 milliards d’euros et de 950 millions de livres sterling.

 

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