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Macro-économie / Taux / euro / Dollar / Taux de change

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Pourquoi le dollar dégringole face à l’euro / Une baisse de 20% du billet vert n’est pas invraisemblable

De plus en plus d’institutions financières s’attendent à ce que l’euro vaille 1,15 dollar d’ici la fin de l’année, contre 0,95 à son plus bas de septembre dernier. Plusieurs facteurs jouent en faveur de la monnaie unique.
© Igor Golovniov / SOPA Images/
© Igor Golovniov / SOPA Images/

L’année 2023 pourrait marquer un retour à une certaine mesure pour le dollar après un cru 2022 marqué par des chocs lui ayant tous profité (monétaire, inflationniste, énergétique, géopolitique). Après sa très vive appréciation l’an passé jusqu’à un niveau inédit en deux décennies face à l’euro en septembre dernier, le billet vert pourrait se déprécier d’ici la fin de l’année et atteindre un niveau proche de sa moyenne de long terme face à la monnaie unique. De plus en plus d’économistes s’attendent à ce que l’euro atteigne 1,15 dollar à la fin de l’année, soit une augmentation de près de 20 % de plus comparativement au plus bas de la fin de l’été dernier.

 

Les causes affluent

 

D’une part, le commerce extérieur de la zone euro devrait bénéficier du reflux des prix de l’énergie, dont l’explosion a conduit sa balance courante (ensemble des échanges de biens, services et revenus avec le reste du monde) à afficher un déficit de près d’un point de PIB, soit un niveau inédit depuis la crise de 2008. “Si le solde de la balance courante de la zone euro ne devrait pas faire son retour en territoire positif, la facture devrait s’en trouver allégée”, explique à WanSquare Paul Chollet, économiste senior au Crédit Mutuel Arkéa.

À l’inverse, "aux Etats-Unis, l’amélioration des comptes extérieurs n’a rien d’évident, l’IRA [plan de 400 milliards de dollars de subventions à destination de l’industrie verte, ndlr] devant, au moins à court terme, peser à la hausse sur les importations américaines en provenance d’Asie pour construire l’industrie bas carbone de demain", ajoute l’économiste.

D’autre part, la dynamique relative des politiques monétaires des deux côtés de l’Atlantique escomptée pour 2024 pourrait bénéficier à l’euro. "Les marchés anticipent une politique monétaire moins restrictive pour l’an prochain compte tenu du ralentissement attendu de l’inflation. Or, la Fed devrait baisser ses taux d’intérêt plus fortement que la Banque centrale européenne étant donné qu’elle sera plus éloignée du taux d’intérêt nominal neutre [le taux qui ni ne soutient, ni ne freine l’activité économique, ndlr] ", argue Paul Chollet, qui estime que "le taux de la Banque centrale américaine devrait se situer 275 points de base au-dessus lors du pic du cycle de resserrement contre 150 points de base pour la BCE".

En outre, la réouverture de la Chine à la suite de l’abandon de sa stratégie zéro-covid pourrait aussi faire le jeu de la monnaie unique, d’après Deutsche Bank. “L’euro est une monnaie pro-cyclique et les points d’inflexion de la dernière décennie ont coïncidé avec le cycle de croissance extérieure”, indiquent les économistes de la banque allemande.

Par ailleurs, alors que l’année 2022 fut marquée par le déclenchement d’une guerre à l'est de Europe, permettant au billet vert de profiter à plein de son rôle de valeur refuge, "l’année 2023 devrait être moins mouvementée sur le plan géopolitique, ce qui influera à la baisse sur la valeur du dollar", fait valoir Paul Chollet.

Enfin, d’aucuns avancent que le dollar pourrait payer les difficultés rencontrées par les Etats-Unis concernant la suspension ou le relèvement du plafond de leur endettement, ce d’autant plus si elles venaient à s’éterniser.

La monnaie unique a déjà fait une large part du travail depuis septembre dernier, puisqu’elle s’est appréciée de 11,6 % face au dollar.

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