Macro-économie / Taux / Compétitivité / industrie / europe
Macro-économie / Taux
Compétitivité / industrie / europe
L’industrie européenne pourrait survivre au choc énergétique / Sa compétivité dépend avant tout d'autres facteurs
"L’écart de prix de l’énergie qui s’est creusé entre les États-Unis et l’Europe entraînerait des pertes généralement modestes en matière d’emploi et de production dans le secteur manufacturier." Chez la branche recherche d’Allianz Trade (Allianz Research), on ne fait pas de faux-semblants et ne cède pas au pessimisme concernant la compétitivité industrielle du Vieux continent. Certes on parle de prix de l’électricité qui devraient augmenter "de moins de +40 % en Allemagne, par rapport à 2021", mais cela n’entraînerait pas de scénario catastrophe pour la rentabilité et l’investissement des entreprises.
Maxime Darmet, économiste senior, estime effectivement, avec ses co-auteurs, "que le choc énergétique actuel réduirait la rentabilité des entreprises d’environ -1 point à -1,5 point de pourcentage, et le taux d’investissement de -1 point de pourcentage à -2 points de pourcentage." Ce qui aboutirait ainsi à près de "40 milliards d’euros de pertes d’investissement en France et 25 milliards de livres sterling au Royaume-Uni."
Tirer les marrons du feu
Alors que les États-Unis sont désignés depuis plusieurs semaines, à raison, comme étant parmi les plus résilients au choc énergétique, il semble néanmoins que ce ne soit pas eux qui profitent des difficultés européennes. S’il s’avère que "certains signes indiquent que l’Europe a commencé à perdre des parts de marché par rapport à d’autres partenaires" et que "les exportateurs qui perdent visiblement des parts de marché dans les importations de l’UE se trouvent presque exclusivement en Europe", ce n’est "pas au profit des États-Unis".
Allianz Research argue en effet que les bénéficiaires de cette faiblesse du Vieux continent sont davantage à chercher "en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique (et quelques-uns en Europe)." Ces derniers profitent notamment "de la forte appréciation du dollar par rapport à la plupart des devises", qui nuit considérablement à la compétitivité à l’export de Washington. Alors que la compétitivité prix des pays européens est considérée comme étant "restée relativement stable et [que] celle de la Chine s’est améliorée de façon spectaculaire."
Moindre mal
Malgré ces relatives bonnes nouvelles pour le Vieux continent, l’intégralité de ses membres n’est pas logée à la même enseigne ; certaines économies sont plus exposées à l’intensité énergétique là où d’autres le sont davantage aux coûts salariaux. Allianz Research avance ainsi que "le deuxième pays [en Europe] le plus sensible aux augmentations du coût de la main-d’œuvre est l’Allemagne, où une augmentation de +1 % entraîne une baisse de la rentabilité de -0,8 point de pourcentage ". Une économie qui à l’inverse devrait voir la hausse des prix de l’énergie ne "pas avoir d’impact significatif sur la rentabilité des grandes entreprises allemandes. Cela s’explique probablement par l’intensité énergétique relativement plus faible des grandes entreprises par rapport aux petites entreprises ".
Un moindre mal mais au niveau global, il est avancé que " la baisse de la rentabilité prospective des entreprises assombrit les perspectives d’investissement des entreprises en Europe." Le taux d’investissement des sociétés non financières (en pourcentage de la valeur ajoutée brute) n’a jusqu’à présent montré aucune faille dans les pays de la zone euro, bien au contraire. Le taux d’investissement italien, en particulier, s’est fortement redressé depuis la pandémie. Les chiffres établis font état d’un "choc sur la rentabilité des entreprises [qui] se traduira par une baisse de -1,2 point de pourcentage du taux d’investissement au Royaume-Uni, de -1,7 point de pourcentage en France et de -2,1 points de pourcentage en Espagne."
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

