WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / France / PIB / Goldman Sachs / résilience / resserrement monétaire

Macro-économie / Taux
France / PIB / Goldman Sachs / résilience / resserrement monétaire

Pourquoi Goldman Sachs parie sur l’économie française à court terme / Le durcissement monétaire devrait moins l’affecter

D’après les économistes de la banque américaine, l’activité hexagonale devrait mieux se comporter au cours des prochains mois par rapport à ses concurrentes européennes. En cause ? Une moindre sensibilité, tout du moins actuellement et dans les temps à venir, au changement d’orientation de la politique monétaire de la BCE.  
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances - EUC/ROPI-REA
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances - EUC/ROPI-REA

En ces temps de crise énergétique, la France a pour elle d’avoir plusieurs atouts : un mix énergétique moins gourmand en gaz, russe ou non, et une moindre exposition aux chocs affectant le secteur industriel compte tenu du faible poids dans le Produit intérieur brut (PIB) de ce dernier. En plus de la dimension énergétique, le Vieux continent est en train d’être mis à rude épreuve sur le plan monétaire : il fait face à une envolée de ses coûts de financement liée au relèvement de 300 points de base des taux d’intérêt directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) depuis juillet dernier.

Reste qu'à cet égard, la France semble également avoir un coup à jouer, d’après Goldman Sachs. Elle pourrait être moins sensible au resserrement monétaire que ses principaux concurrents, tout du moins son impact serait davantage étalé dans le temps. D'abord parce qu'une plus grande part des entreprises et des ménages empruntent à des taux fixes par rapport à l’Allemagne et au sud de l’Europe.

Pour mémoire, concernant les ménages, il y a un rapport d’un à dix avec l’Espagne et l’Italie et d’un à trois avec l’Allemagne (part de la dette à taux variable). Du côté des entreprises non-financières, la part de la dette à taux variable est légèrement inférieure à 20 % dans l’Hexagone, contre près de 40 % en Italie et plus de 50 % en Allemagne.

D’autre part, l’échéance de la dette à taux fixe tend à être plus longue en France qu’ailleurs. Si bien que, "la combinaison d’une dette à long terme et à taux fixe ralentit la transmission des hausses de taux d’intérêt par rapport aux pays dont la dette est à plus court terme ou à taux variable", résume Alexandre Stott, économiste chez Goldman Sachs.

Troisième force : le taux d’usure. "La réglementation locale du marché du crédit immobilier limite effectivement la vitesse à laquelle les taux d’intérêt sur les prêts au logement augmentent", d’après la banque américaine. Pour rappel, le taux d’usure du crédit immobilier (il existe plusieurs taux d’usure) est le taux d’intérêt maximum légal que les établissements de crédit sont autorisés à pratiquer lorsqu’ils accordent un prêt immobilier. Il est calculé à partir des données collectées sur les taux de crédit au cours du trimestre précédent et représente 4/3 des taux moyens pratiqués.

Il y a bien un point où l’économie française pêche : il s’agit de l’endettement de ses entreprises. Il pèse 200 % du PIB contre une moyenne de 150 % en zone euro, ce qui constitue un désavantage relatif en cas de remontée des taux, compte tenu des conséquences en termes d’ampleur du service de la dette. Un faux problème, d’après Alexandre Stott, qui argue notamment que "les entreprises françaises ont tendance à détenir davantage de liquidités dans leur bilan, de sorte que l’effet de levier net de liquidités est conforme à celui des pairs européens".

Ces différents éléments semblent être vérifiés par des simulations économétriques. Si bien que, "nous estimons que la France connaîtra environ la moitié de la moyenne européenne de perte de croissance induite par le resserrement des conditions de financement au cours du cycle de hausse des taux d’intérêt ", indique Goldman Sachs.

Et par la suite ? Le pronostic sur les performances relatives de la France est moins exaltant. En effet, "À moyen terme, nous ne pensons pas que la crise énergétique réduira la croissance potentielle des pays grands consommateurs de gaz. Deuxièmement, les taux d’intérêt débiteurs français ont tendance à être à la traîne du reste de la zone euro à la hausse, mais aussi à la baisse, et rendent ainsi l’impact d’un cycle monétaire complet sur le niveau du PIB largement similaire à la moyenne européenne", prédit Alexandre Stott.

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article