Banques / Bâle / eba / résilience / Société Générale / BNP Paribas
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Bâle / eba / résilience / Société Générale / BNP Paribas
Les banques françaises sont-elles robustes ?
Ce mois-ci l’Autorité bancaire européenne a publié son dernier exercice de transparence sur la solidité financière des banques en 2019. Dans l’ensemble, les établissements bancaires ont continué à renforcer leur solidité, mais le travail n’est pas achevé. D’abord les incertitudes politiques européennes, le Brexit, la renaissance du protectionnisme ou tout autre scénario adverse sont autant de risques qui appellent à davantage de résilience, ensuite, et parce que le risque est systémique, l’effort doit être homogène. Et les Françaises font encore partie des derniers de la classe.
Pour mémoire, l’EBA se base sur deux principaux ratios que sont le capital CET1 (actions ordinaires, bénéfices mis sous réserves, autres éléments du résultat global accumulés, etc.), un instrument qui peut être utilisé dans l’immédiat et sans restriction, et une notion moins restrictive qui englobe le CET1 et les AT1 (par exemple les obligations subordonnées convertibles). Dans le cas où les CET1 diminuent, les AT1 peuvent être converties ou effacées. Et c’est alors logiquement que les exigences de fonds propres des régulateurs se concentrent sur le ratio CET1, exprimé sous la forme d’un plancher et rapporté aux actifs pondérés par le risque. Il est utile de comparer ce ratio moyen pour les différents pays européens, ensuite à un niveau interbancaire.
En 2018, la France arrive en 17ème position derrière l’Estonie et devant l’Autriche. Parmi les mauvais élèves, il y a Chypre, l’Espagne, l’Italie et la Bulgarie, alors que l’Islande, le Luxembourg et la Finlande sont les meilleurs élèves du cru 2018. Bien que les banques françaises soient classées en Europe avec celles dont les actifs pondérés par les risques sont les moins couverts par des fonds propres CET1, leurs ratios prudentiels restent bien supérieurs aux minimas requis. "Dans l'ensemble, le secteur bancaire de l'Union européenne a continué à profiter du développement macroéconomique positif dans la plupart des pays européens", souligne l'autorité dans son rapport. Cette situation a contribué à "une augmentation des crédits, un nouveau renforcement des ratios de capital des banques et une amélioration de la qualité des actifs", salue cette fois-ci le rapport.
Dans le détail et concernant l’Hexagone, BNP Paribas et Société Générale sont relativement peu capitalisées comparées à leurs homologues. Mais, c’est bien un constat relatif car leurs coefficients restent largement supérieurs aux exigences légales. Quant aux banques qui honorent davantage le respect des ratios et au-delà, il y a Bpifrance, Crédit Mutuel et BPCE.
Deux remarques tout de même, d’abord que “les scénarios adverses sont encore susceptibles d’avoir des conséquences sur le financement, la qualité des actifs et la rentabilité”, toujours en berne du côté bancaire et au niveau européen. Ensuite, le Comité de Bâle s’est récemment alarmé sur l’arbitrage réglementaire auquel se livreraient les banques quand approchent les dates auxquelles elles doivent rendre des comptes. Les banques réduiraient superficiellement leurs volumes de transactions sur les principaux marchés autour desdites dates pour être en mesure de fournir des ratios bien plus élevés et donc satisfaisants. Une manœuvre qui fausse les résultats et compromet de fait les objectifs – essentiels à la stabilité financière mondiale – visés au départ. Le Comité a prévu en conséquence un durcissement des exigences, calculées cette fois à l’aide de moyennes journalières, au cours du trimestre de déclaration. Si la mesure est de fait mise en place, il sera intéressant de comparer ces résultats au prochain rapport annuel de l’EBA.
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