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Macro-économie / Taux / Inflation / resserrement monétaire / Inflation alimentaire

Macro-économie / Taux
Inflation / resserrement monétaire / Inflation alimentaire

La shrinkflation n’a pas pris de proportions inquiétantes / Le phénomène représente une part ténue de l’inflation

Propulsée sur le devant de la scène depuis la fin de l’été, la shrinkflation ne contribue pour le moment que très peu à la dynamique inflationniste. Le cabinet de conseil Asterès vient de publier son estimation et celle-ci révèle qu’uniquement 2 % des produits alimentaires sont aujourd’hui concernés par cette pratique.  
Supermarché (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Supermarché (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

"Les industriels cherchent à nous racketter". Fabien Roussel, président du parti communiste français, s’était montré très remonté le mois dernier pour dénoncer l’essor de la shrinkflation. Ce phénomène consistant en "la baisse de quantité d’un produit à prix constant [qui] conduit à une hausse du prix unitaire " selon le cabinet de conseil Asterès, est bel et bien pris en compte par l’Insee dans le calcul de l’inflation.

Il devient donc dès lors difficile de parler d’inflation cachée alors même qu’elle est pleinement intégrée dans le calcul global de l’inflation hexagonale. La confusion qu’elle introduit concerne les consommateurs et avait notamment vu Alexandre Bompard, président-directeur général de Carrefour, qualifier le phénomène comme étant "le comble du cynisme". Ce qui avait poussé Élisabeth Borne, Première ministre, à annoncer que “dès novembre, tous les produits concernés par des changements de quantité devront le signaler sur les étiquettes pour ne plus tromper le consommateur".

 

Effet d’annonce

 

Un sujet de préoccupation politique qui ne se répercute que modestement dans les chiffres publiés par Asterès, elle "accroît l’inflation alimentaire de 0,3 point et l’inflation totale de 0,1 point" selon les équipes de Sylvain Bersinger, chef économiste chez Asterès. Il faut dire que la hausse du prix unitaire des produits concernés a beau être estimée à 14 %, elle ne concerne in fine que la partie alimentaire du phénomène inflationniste.

Un secteur dont uniquement 2 % sont concernés par la shrinkflation, un calcul qui s’appuie sur le travail de l’analyste financier John Plassard, ce qui a abouti à faire passer l’inflation alimentaire en septembre de 9,3 % à 9,6 %. Au niveau agrégé, son impact a fait passer la dynamique inflationniste de 4,8 % à 4.9 %, un impact bien plus modéré qui s’explique aisément puisque l’Indice des prix à la consommation (IPC) intègre des dimensions épargnées par la shrinkflation. Ce sont même uniquement 1,5 % des produits composants l’IPC qui peuvent être concernés par cette problématique.

Dès lors que la Première ministre a sonné le glas de cette pratique, il faut s’attendre à voir son impact devenir encore moins important que ce qu’elle est aujourd’hui. Espérons que cela soit davantage suivi d’effet que fin 2022, lorsque comme l’avait rapporté une note de marchés du fonds ODDO BHF Future of Food, la Répression des fraudes avait "ouvert une enquête dans des usines de conditionnement. Elle a pu comparer les quantités indiquées sur les emballages et le poids réel des produits". Les conclusions révélées fin janvier avaient fait état "d’anomalies dans 11 % des commerces visités et dans 7 des 31 usines contrôlées". Les incitations à davantage de transparence et à une meilleure information des consommations n’ont pas été suivies d’effets notables.

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