Politique économique / Négociations commerciales / industriels / distributeurs / Inflation / Inflation alimentaire / prix à la consommation
Politique économique
Négociations commerciales / industriels / distributeurs / Inflation / Inflation alimentaire / prix à la consommation
Négociations commerciales : le plus dur reste à faire / Quelles baisses de prix effectives pour le consommateur ?
"Je me félicite que les parlementaires aient entendu l’appel du gouvernement à avancer exceptionnellement les négociations commerciales en janvier 2024. C’est autant de jours gagnés sur des baisses de prix sur de nombreux produits de grande consommation qui auraient dû intervenir qu’en mars", s’est félicitée, ce lundi soir, la ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme, Olivia Grégoire, à l’issue de l’accord trouvé par les parlementaires réunis en Commission mixte paritaire sur le projet de loi portant mesures d’urgence pour lutter contre l’inflation.
Un accord sans conviction
Un accord qui n’a pas empêché les sénateurs de faire valoir, une nouvelle fois, leur scepticisme sur l’efficacité d’un tel texte. "Ce projet de loi purement conjoncturel acte l’échec de la politique de soutien au pouvoir d’achat du gouvernement. Il ne règle pas non plus les problèmes qui persistent en matière de négociations commerciales, à l’instar des pratiques abusives des centrales d’achat basées à l’étranger, sur lesquelles il nous faudra faire la lumière avant d’engager une refonte du cadre des négociations commerciales. Il faudrait à l’avenir privilégier une réflexion de long terme sur le cadre juridique des relations commerciales à des improvisations de dernières minutes", a déclaré de son côté Dominique Estrosi Sassone, la présidente de la Commission des affaires économiques du Sénat.
Protection des PME industrielles
D’ailleurs, si l’utilité du Sénat dans le fonctionnement de la Ve République est souvent remise en cause, c’est pourtant à la Chambre haute que l’on doit les principaux apports législatifs au projet de loi initial présenté par l’exécutif, et notamment la différenciation entre les différentes tailles d’industriels avec les PME et les ETI d’un côté (sans dépasser les 350 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel toutefois) et les géants de l’agroalimentaire de l’autre. Ainsi, la date limite de négociations anticipées pour les PME et les ETI a été fixée au 15 janvier 2024 et au 31 janvier prochain pour les plus grandes entreprises. "La Commission des affaires économiques réticente sur un texte aux conséquences incertaines se félicite néanmoins du maintien des principaux apports du Sénat, à savoir le report des dates de négociation après les fêtes de fin d’année et la négociation anticipée des PME, principe clé pour garantir leur accès au linéaire. Si elles avaient négocié après les grandes entreprises, comme le proposait initialement le gouvernement, elles auraient été réduites à 'ramasser les miettes’ des grands groupes disposant d’un pouvoir de négociation bien supérieur. Sans ces garanties pour la protection des PME, la Commission des affaires économiques aurait considéré que ce projet de loi, assez déconnecté de la réalité du terrain, portait une mesure non seulement modeste et probablement inefficace, mais aussi dangereuse pour les PME", ont fait savoir les membres de la commission.
Des négociations qui commencent mal
Reste à savoir désormais si ce texte de loi aura bien des effets concrets dans le caddie du consommateur. Or, sur ce sujet, rien n’est moins sûr. Certes, selon le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, "la crise inflationniste est derrière nous", l’inflation alimentaire restant élevée mais commençant à reculer à 7,7 % en octobre, contre 9,7 % en septembre ou encore 15,9 % en mars dernier. "Je n’ai aucun doute sur le fait qu’au bout de cette négociation, il y aura des prix qui vont baisser et qui baisseront plus tôt de nombreuses baisses se poursuivent et doivent être répercutées au consommateur : par exemple ce mois-ci, les cours du blé tendre, du blé dur, du tournesol, du maïs et du colza sont, en moyenne, nettement inférieurs à ceux de novembre 2022. Il y aura donc des baisses de prix", a-t-il avancé.
Du côté des distributeurs, l’on se montre plus prudents. Alors que les négociations ont commencé depuis le 31 octobre, "tous les tarifs que nous recevons sont à la hausse, entre 6 % et 10 % pour 2024. Il va donc falloir ramener ça à des 2 %, des 3 % maximum", a prévenu Michel-Edouard Leclerc, le dirigeant des magasins éponymes. Selon lui, les baisses se feront "par petits groupes de marchés", en fonction des prix du cours.
Le sucre toujours en hausse
De fait, au niveau mondial et depuis le début de l’année, les prix ont baissé de 15,1 % pour les céréales et de -19,5 % pour les produits laitiers selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture). À l’inverse, le prix du sucre a lui augmenté de +35,8 % sur la même période.
Pour les distributeurs, il va donc désormais falloir aller chercher les baisses pour pouvoir les répercuter au plus vite aux clients. Une réalité dont a bien conscience le patron de Système U, Dominique Schelcher : "Au travail à présent ! Pour négocier au plus vite, trouver des solutions et chercher des baisses partout où c’est possible, au profit des consommateurs", a-t-il tweeté ce mardi matin.
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