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Bruno Le Maire / Bercy / Inflation alimentaire
Bruno Le Maire ne relâche pas sa lutte contre l’inflation alimentaire / Le ministre va prolonger le trimestre anti-inflation
Le "trimestre anti-inflation" ne s’arrêtera pas au printemps. Le dispositif créé par Bercy en accord avec les distributeurs français, depuis le 15 mars, visant à diminuer l’inflation alimentaire va être prolongé au-delà du 15 juin, a annoncé Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Dans le cadre de ce dispositif, le secteur doit aller au-delà de ses promotions habituelles de printemps concernant une gamme importante de produits alimentaires du quotidien.
Pour mémoire, si en avril, le niveau général des prix à la consommation de l’Hexagone a progressé de 5,9 % sur un an, les prix de l’alimentation ont, eux, augmenté de 14,9 %, montrent les données publiées par l’Insee ; ils contribuent pour près de la moitié à l’inflation actuelle.
"C’est dur pour nos compatriotes, notamment pour les plus modestes, les familles nombreuses, quand les prix augmentent si fortement […]", a ainsi déclaré le locataire de Bercy, qui a indiqué prendre un certain nombre d’initiatives aux côtés d’Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme.
Rouvrir les négociations
En plus de prolonger le "trimestre anti-inflation", qui a selon le ministre, permis aux prix des produits sélectionnés par les distributeurs de baisser de 5 à 7 %, Bruno Le Maire souhaite "convoquer distributeurs et industriels dès la semaine prochaine au ministère de l’Economie et des Finances pour accélérer les négociations commerciales".
L’objectif étant que les "grands industriels" répercutent à la baisse sur leurs prix de vente, la baisse des prix de gros. D’après l’indice FAO des prix des produits alimentaires publié par l’ONU (il mesure la variation des cours internationaux d’un panier de produits alimentaires de base), ces derniers auraient dégringolé de 20,5 % depuis le pic qu’ils ont atteint en mars 2022.
Alors que la marge réalisée par l’industrie agro-alimentaire fait débat, un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), précédant le dernier cycle de négociations clôturé le 1er mars, indiquait que "les résultats agrégés peuvent masquer de fortes disparités infra-sectorielles et ne permettent pas de conclure quant à l’existence d’évolutions inhabituelles de la marge sur certains produits".
Reflux à venir
"Si l’on s’y met tous : distributeurs, industriels, pouvoirs publics, nous pouvons casser la spirale de l’augmentation des prix alimentaires à l’automne prochain. Cela doit être notre objectif", a fait valoir Bruno Le Maire.
Selon les chercheurs de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), l’inflation alimentaire devrait demeurer "très dynamique" sur une grande partie de l’année 2023 et "ne commencerait à baisser qu’au second semestre, bénéficiant avec un certain délai de la baisse des prix des matières premières agricoles et de l’énergie".
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