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Macro-économie / Taux / Inflation alimentaire / France / consommation

Macro-économie / Taux
Inflation alimentaire / France / consommation

Inflation : la consommation alimentaire française en pleine déliquescence / Elle s’affiche au plus bas depuis près de vingt ans

Inflation annuelle à deux chiffres oblige, la consommation en volume de biens alimentaires a dégringolé de 8,3 % sur douze mois en février, lui faisant atteindre un plancher depuis avril… 2005. Une époque où la France comptait 5,3 millions de bouches à nourrir en moins.
KERMALO/REA
KERMALO/REA

C’est sans doute le fait le plus tristement concret que l’on peut tirer de la crise inflationniste que connaît présentement l’Hexagone. Au cours du mois de février, la France a vu sa consommation de biens alimentaires chuter de 8,3 % sur un an et de près de 20 % depuis le pic atteint durant le premier confinement (mars 2020), d’après les données publiées par l’Insee.

Jamais depuis avril 2005, la population du pays des Lumières n’avait si peu consommé de biens alimentaires (15,883 milliards d’euros). Rappelons qu'il s’agit d’une époque où elle comptait 5,3 millions de bouches à nourrir en moins.

 

Envolée des prix

 

Ce phénomène ne doit rien au hasard et survient alors que la France est aux prises avec une hausse particulièrement élevée des prix de ces biens.

Compte tenu de l’explosion du coût des intrants liée d’abord à la reprise économique mondiale post-pandémique puis au déclenchement de la guerre en Ukraine, les prix de l’alimentation ont crû de 14,8 % entre février 2022 et février 2023. En face, les salaires nominaux des Français ont, en moyenne, progressé près de trois fois moins vite. Pour ce qui est du détail de la facture, les prix des "autres huiles alimentaires", du sucre ainsi que de la margarine et "autres graisses végétales", ont enregistré les plus fortes augmentations ; ils ont bondi respectivement de 51,1 %, 48,7 % et 30,2 % sur douze mois, montrent les données de l'Insee.

Déjà confronté à d’importantes tensions sociales, le gouvernement ne souhaite pas rester les bras ballants face à cette situation. En plus de vouloir mettre en place un chèque alimentaire à destination des Français les plus vulnérables, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, a sollicité les distributeurs et trouvé un accord avec ces derniers afin qu’ils rognent sur leurs marges.

 

Désinflation estivale

 

Du côté des perspectives, le pic de l’inflation alimentaire devrait se produire au cours du deuxième trimestre 2023, si l’on en croit la prévision des économistes de la Banque de France.

Par la suite, "l’inflation des produits alimentaires diminuerait en lien avec la détente prévue sur le prix des intrants agricoles (déjà observée pour l’alimentation animale, les engrais, les carburants, etc.) et les prix internationaux des matières premières agricoles", estime-t-on au sein de la Banque centrale française. "Il y a toujours un délai de transmission de l'ordre de trois trimestres depuis les prix en amont jusqu'aux prix en rayons", avait expliqué, début mars, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France.

Un diagnostic partagé par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) qui anticipe une inflation alimentaire de 14 % en moyenne annuelle sur 2023 puis de 5,2 % en 2024.

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